Le tremblement est un signe
fréquemment rencontré quand l’âge augmente. Il n’a pourtant pas toujours les
mêmes caractéristiques ni la même signification. Son évolution et la façon de le
traiter dépendent de son origine. Parfois à peine visible, il peut devenir un
vrai handicap. Si son traitement est rarement spectaculaire, le médecin n’est
pas pour autant totalement démuni et ça vaut le coup d’essayer de gagner en
confort…
Regardez bien : tous
les tremblements ne se ressemblent pas
Le tremblement est par définition “ une oscillation rythmée, involontaire, que
décrit tout ou partie du corps autour de sa position d’équilibre ”. Il en existe
trois grandes familles, dont les caractéristiques sont différentes.
Le tremblement essentiel :
très fréquent, très embêtant, mais pas grave…
Connu également sous le mauvais nom de “ tremblement sénile ”, le tremblement
essentiel est plus ou moins précoce et gène l’attitude, c’est-à-dire le
mouvement intentionnel. Pour bien comprendre, faites le test suivant : les deux
bras tendus en avant, paume en bas, doigts écartés, puis rechercher un
tremblement fin, rapide, irrégulier ; pour corser un peu, pointez les index l’un
en face de l’autre, sans les toucher.
Une fois installé, ce “ cadeau ” de l’âge devient parfois pénible dans la
réalisation de certains gestes de la vie quotidienne (écriture, gestes fins). Il
disparaît pourtant au relâchement musculaire complet.
Le tremblement essentiel atteint les membres (aux extrémités ou à la racine) des
deux côtés, parfois la tête (mouvement de négation ou d’affirmation), la voix
(voyelle longue), mais épargne la face, le tronc et les membres inférieurs.
Le médecin consulté trouvera toujours un examen neurologique normal et ne
découvrira aucune cause médicamenteuse.
Le tremblement de repos :
souvent signe de maladie de Parkinson
À l’inverse du précédent, le tremblement de repos est maximum à la relaxation et
disparaît lors de la contraction musculaire. Par exemple, la main tremble
lorsqu’elle est posée sur les genoux, mais peut porter une cuillère pleine à la
bouche sans la moindre oscillation. Il est de ce fait peu gênant pour les gestes
fins de la vie quotidienne.
D’installation rapide, il touche au départ et traditionnellement l’extrémité des
membres (supérieurs et/ou inférieurs), d’un seul côté. Enfin, il est plus lent
et plus régulier que le tremblement essentiel et épargne la tête.
Le problème est qu’il fait craindre un syndrome parkinsonien (de la maladie de
Parkinson) et le médecin trouvera des signes neurologiques.
Les autres tremblements :
toujours penser aux médicaments !
On ne pense jamais assez aux effets indésirables des médicaments. Les seniors y
sont particulièrement exposés en raison de l’augmentation du nombre des maladies
avec l’âge. Les tremblements d’attitude, d’apparition ou d’aggravation récente,
peuvent être dus à la prise d’antidépresseurs, d’hormones thyroïdiennes ou de
certains traitements pour le cœur. L’apparition de tremblement de repos, quand
il n’est pas lié à une maladie de Parkinson est exclusivement le fait d’une
prise (même ancienne) de neuroleptiques.
Quels examens
complémentaires faut-il faire ?
Lorsque les tremblements sont caractéristiques, aucun examen n’est
indispensable. Dans les cas plus difficiles, il sera parfois utile de faire un
enregistrement musculaire. Le scanner ou l’IRM restent exceptionnellement
nécessaires.
Peut-on traiter ou soulager
un tremblement ?
Les réponses sont différentes selon le type de tremblement, mais les résultats
ne sont pas toujours spectaculaires. Néanmoins, l’important est de considérer la
gêne réelle ressentie par chacun.
Le tremblement essentiel : le traitement de choix est le bêtabloquant, sous
réserve que le cardiologue élimine toute contre-indication (électrocardiogramme
obligatoire). En cas d’impossibilité, certains médicaments contre l’épilepsie ou
l’anxiété sont parfois efficaces.
On propose quelquefois des injections de toxine botulique dans les muscles de la
nuque pour améliorer les tremblements de la tête.
Le tremblement de repos : son traitement repose sur des anti-parkinsoniens, dont
l’efficacité est habituellement retardée de quelques mois…
Les autres tremblements : ils cessent en général à l’arrêt des médicaments
responsables. Les effets des neuroleptiques peuvent néanmoins persister
plusieurs mois.
On peut
encore citer la chirurgie du tremblement qui, compte tenu des risques propres
aux interventions sur le cerveau, reste réservée à des cas très particuliers.
Elle n’est pas proposée aux sujets âgés.
Connaître et s’interroger sur le type de tremblement dont on souffre est
important. Souvent, il faudra faire avec, mais c’est une erreur que de tirer
cette conclusion d’emblée.
Le vieillissement n’explique ou n’excuse pas tout. Le
médecin pourra toujours faire le point sur votre état de santé et sur la façon
de maintenir votre qualité de vie.