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Conscience corporelle: la technique Alexander? |
Un essai randomisé mené en
2002 confirme une diminution des
incapacités et d la dépression
en ce qui concerne le parkinson ...
Améliorer la qualité de vie des
patients atteints de la maladie de
Parkinson.
Augmenter la capacité
respiratoire, améliorer le sens de l'équilibre,
contribuer au soulagement des symptômes
de la lombalgie chronique.
Présentation
Selon Frederick Matthias Alexander, la
façon dont nous utilisons notre corps
(ce qu'il appelait « l'usage de
soi ») peut contribuer à la
santé ou, au contraire, lui nuire. Or,
tous les êtres humains sont affectés
de mauvaises habitudes de posture et de
respiration - des automatismes - qui
entraînent un grand nombre de
problèmes : maux de dos et de
tête, fatigue, limitation respiratoire,
manque de souplesse, etc. Évidemment,
le concept de globalité est inhérent
à cette théorie, où chaque partie
affecte le tout. Quant aux raisons
d'être des habitudes inadéquates,
elles découleraient pour une bonne part
du mode de vie sédentaire et hyper
mental du monde contemporain.
Il faut se rendre à l'évidence, ce
n'est pas parce que c'est
« naturel » que c'est
idéal. Parmi les automatismes courants et problématiques,
mentionnons une très forte crispation
de la région tête cou dos; en toutes
sortes de circonstances, l'être humain
a tendance à reculer et enfoncer la
tête - ce qu'on appelle le startle
reflex, le « schéma de
sursaut ». Or, selon Alexander,
une relation dynamique et équilibrée
entre la tête, le cou et le dos est
cruciale pour la qualité de tous les
mouvements humains. Il a donc nommé
contrôle primaire(primary control)
cette relation dynamique, ce
« schéma global », entre la
tête, le cou et la colonne vertébrale.
Il existe également de nombreux
apprentissages de l'enfance qui exigent
un grand effort neuro musculaire et qui
sont rarement gérés de manière
globale, comme l'écriture qui amène
les enfants à développer des postures
extrêmement tendues.
Il faut savoir que lorsqu'une
crispation, quelle qu'elle soit, n'est
pas rapidement et consciemment
dispersée, l'organisme s'y adapte. Par
conséquent, la Technique Alexander
préconise le développement de
l'attention(awareness), c'est-à-dire un
sens plus aiguisé de ses comportements
posturaux et de tout ce qui peut nuire
à l'équilibre. Dans ce travail, il
faut adopter un mécanisme
d'arrêt(inhibition) qui consiste à
stopper consciemment l'amorce d'une
action habituelle ou automatique pour
ensuite la remplacer, avec l'aide de
l'intervenant, par une autre plus
appropriée.
Une technique pour désapprendre
La Technique Alexander n'est pas une
thérapie, mais un mode d'éducation
somatique, que l'on peut également
appeler rééducation posturale ou
rééducation psychomotrice; ses
praticiens ne sont donc pas des
thérapeutes, mais des éducateurs qui
traitent avec des élèves plutôt que
des patients. La technique ayant pour
but de désapprendre certaines habitudes
bien ancrées, le processus prend du
temps et exige une participation active
et suivie de l'élève.
Si la technique est fort appréciée par
les gens de la scène, elle s'adresse à
tous, jeunes ou vieux, sportifs ou
sédentaires, hommes ou femmes. Ses
objectifs sont d'améliorer la
coordination et l'équilibre, de
réduire les tensions musculaires, de
soulager la douleur, de réduire la
fatigue et les problèmes liés à
certaines affections, et de favoriser un
mieux-être.
Question mieux-être, selon la
Society of Teachers of the Alexander
Technique, elle permettrait d'apprendre
à :
* se
tenir avec aplomb, sans rigidité;
* se
mouvoir avec aisance;
* garder
l'esprit à la fois éveillé et calme;
* être
à la fois actif et énergique, sans
tension excessive;
* appliquer
l'effort approprié, ni plus ni moins,
dans l'ensemble de nos activités.
Sir Stafford Cripps, un des nobles
anglais qui bénéficia de la technique,
fit connaître son appréciation dans
les termes suivants : « Au lieu de
se sentir comme un agrégat de pièces
mal emboîtées, plein de frictions et
de poids morts, à cause de quoi le seul
fait d'exister devient épuisant, le
corps se révèle un ensemble vivant et
coordonné, composé de parties qui
s'ajustent et s'articulent
parfaitement. »
Un acteur sans voix
Vers 1890, l'Australien Frederick
Matthias Alexander, alors acteur,
connaissait des enrouements répétés
au moment de ses prestations, ce qui
risquait de mettre fin à sa carrière.
Les médecins ne pouvant déceler aucune
cause physiologique, il pensa qu'il
provoquait peut-être lui-même le
problème, et amorça - à l'aide
notamment de miroirs - une intense
observation de sa posture et de sa
technique vocale. Il lui fallut près de
dix ans pour se débarrasser des
comportements inadéquats.
Des gens de la scène commencèrent à
le consulter pour des problèmes qui
nuisaient à leur travail. Bientôt, les
médecins se mirent à lui envoyer des
clients pour des affections de diverses
natures. En 1904, l'enseignement
était devenu sa principale occupation,
et il décida de s'établir à Londres
où l'appelait une clientèle plus
nombreuse. Parmi les personnes qui le
consultèrent tout au long des
50 années suivantes, plusieurs
scientifiques témoignèrent
publiquement du bien-fondé de cette
approche, dont Sir Charles
Sherrington, considéré comme le père
de la neurologie moderne.
À compter de 1930, Alexander commença
à transmettre sa technique à des
apprentis, tant en Europe qu'aux
États-Unis, où il séjournait
périodiquement. À 79 ans, il
réussit à retrouver le contrôle
moteur après une paralysie latérale
due à un accident vasculaire
cérébral. Il enseigna jusqu'à sa mort
en 1955, à l'âge de 86 ans.
Trois ans plus tard, les principaux
apprentis londoniens formèrent la
Society of Teachers of the Alexander
Technique (STAT). À ce jour, cette
association demeure le principal
organisme fédérateur et la principale
instance à gérer les programmes de
formation. On compte maintenant plus de
2 500 praticiens à travers le
monde, surtout en Europe, en Amérique
du Nord et en Australie, tandis que la
technique fait partie du programme
d'études de plusieurs écoles de
musique et de théâtre. On reconnaît
généralement à Matthias Alexander un
rôle de pionnier dans les approches de
conscience corporelle.
Applications thérapeutiques
Rappelons que la Technique Alexander ne
prétend pas être une thérapie; bien
qu'ayant reçu une formation sérieuse,
ses praticiens ne sont pas des
professionnels de la santé et ne
peuvent pas poser de diagnostics. Il
existe néanmoins quelques applications
thérapeutiques dont l'efficacité a
été évaluée par des études
scientifiques.
Améliorer la qualité de vie des
patients atteints de la maladie de
Parkinson. Vers la fin des
années 1990, des rapports de cas
et les résultats d'au moins un essai
préliminaire faisaient entrevoir que la
technique Alexander pouvait bénéficier
aux personnes atteintes de
lamaladiedeParkinson1. Les résultats
d'un essai randomisé avec groupe
témoin, mené en 2002 auprès de
93 sujets, ont confirmé que la
technique Alexander pouvait diminuer
significativement les incapacités et la
dépression associées à cette
affection2.
Augmenter la capacité
respiratoire. Dans la pratique clinique,
la technique Alexander jouit d'une
excellente réputation pour améliorer
les fonctions respiratoires. Les
résultats d'un essai préliminaire avec
groupe témoin mené auprès de
20 sujets normaux tendent à
confirmer que la technique aurait une
action bénéfique à cet égard3.
Cependant, il n'existe encore aucun
essai clinique qui aurait testé ses
effets sur des personnes asthmatiques ou
souffrant d'autres troubles
respiratoires4.
Améliorer le sens de
l'équilibre. Les résultats d'un essai
préliminaire avec groupe témoin mené
auprès de femmes de 65 ans et plus
indiquent que l'apprentissage de la
technique Alexander pourrait contribuer
à améliorer le sens de l'équilibre
et, par conséquent, diminuer le risque
de chutes chez les personnes âgées5.
Contribuer au soulagement des
symptômes de la lombalgie chronique.
Même si l'efficacité de la technique
Alexander est encore loin d'être
démontrée pour le soulagement des
douleurs lombaires6, on l'intègre avec
succès à des protocoles
multidisciplinaires visant à diminuer
l'inconfort des personnes souffrant de
cette affection7. Un essai clinique
comparatif mené auprès de quelque
550 sujets souffrant de lombalgie
chronique est en cours
depuis 2001etles résultats
devraient être publiés en 2005
ou 20068.
Un recueil américain rédigé à
l'intention des médecins, le
Clinician's Complete Reference to
Complementary & Alternative
Medicine, considère que la Technique
Alexander est particulièrement
susceptible d'amener de
l'amélioration9dans les cas d'arthrite
et arthrose, d'asthme, de maux de dos et
de tête, de douleurs chroniques, de
lésions attribuables au travail
répétitif (LATR)et de gêne
respiratoire.
Certains physiothérapeutes ou
kinésithérapeutes utilisent la
Technique Alexander comme complément à
leurs outils de rééducation
musculosquelettique10. Selon un long
article11publié dans Behavorial
Medecineen 1981, la technique
serait préférable à des mesures
palliatives (qui ne corrigent pas le
problème de fond) pour des malaises
comme la sciatique, le coup de fouet
cervical, le bruxisme, etc.
On peut se renseigner sur les recherches
effectuées par le
Dr W. Barlow au milieu du
XXe siècle grâce à son livre The
Alexander Principle12; une brève
présentation des recherches est faite
sur le site de la Society of Teachers of
the Alexander Technique13. Au début des
années 1970, des expériences
menées par Frank Pierce Jones de
l'université Tufts du Massachusetts
démontrèrent que, par la Technique
Alexander, on pouvait réellement
rectifier la manière d'exécuter une
multitude d'actions, et même modifier
les composantes
« involontaires » de
certains gestes, que ce soit lancer une
balle ou taper sur un clavier
d'ordinateur14.
En pratique
L'apprentissage dont il est question
exige de défaire des habitudes bien
ancrées, ce qui veut dire que :
* L'élève
doit obligatoirement être actif durant
le processus.
* Le
processus doit être suivi pendant un
certain temps pour que les nouveaux
apprentissages deviennent réflexes.
Généralement, l'enseignement se fait
individuellement. On suggère de
prévoir 20 à 30 rencontres
hebdomadaires, après quoi la plupart
des gens peuvent poursuivre
l'apprentissage par eux-mêmes et
appliquer les nouveaux principes dans
leurs activités habituelles.
Une leçon dure de 30
à 40 minutes. L'enseignant
intervient par des instructions verbales
et le toucher (léger). Les mouvements
réappris sont d'abord de nature
courante : marcher, s'asseoir, se
mettre debout, respirer... Au besoin, la
leçon est adaptée à des situations ou
des mouvements plus spécifiques :
jouer d'un instrument, manipuler un
outil ou un accessoire de sport,
dactylographier, etc.
Au Québec, les coûts varient
de 40 à 65 $ la
rencontre; en France, c'est environ
40 euros.
Certains praticiens offrent parfois des
ateliers de week-end, qui servent
surtout d'initiation à la technique.
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On s'intéresse aux jeunes Parkinsoniens |
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Conférence de presse à Paris Le 11 avril 2007. Je fais partie d'un
groupe de réflexion de
l'association française FRANCE PARKINSON sur
les "jeunes
Parkinsoniens"
et à ce titre (Je me présente Corinne B),
j'ai participé à leur conférence de
presse à Paris.
Youpi ! On s'intéresse aux jeunes et si
on lit la presse, pas seulement en
France !
Extrait du quotidien: LE FIGARO
« Quand on vous annonce un tel diagnostic (maladie
de Parkinson), tout s'écroule, tous vos projets tombent à
l'eau, cette maladie
souffre d'une image très négative
de
"petit vieux tremblotant", reconnaît Corinne, atteinte très jeune, à 41 ans (10
% des cas surviennent avant l'âge de 50 ans), après
avoir été d'abord été traitée durant un an pour une
simple dépression qui inaugurait en fait Le début du
Parkinson.
« À 40 ans, quand vous découvrez que vous êtes
atteint de cette maladie» de vieux*, vous avez honte et
peur à la fois de cette affection dont l'image vous
renvoie à un avenir
d'invalidité et de
dépendance. »
Sa famille l'a certes, toujours beaucoup entourée,
ainsi que toute l'équipe médicale et paramédicale.
« Mais Sept ans après, malgré les traitements, j'éprouve
beaucoup de fatigue, de difficultés de concentration,
de troubles liés à cette lenteur physique et à cette
raideur douloureuse, sans oublier le stress,
l'ennemi numéro un. J'ai dû aussi arrêter de
travailler. »
Corinne s'est rapprochée de l'association France-parkinson,
« car comme cette maladie emprisonne et rend apathique,
voire indifférent; il est capital de sortir et de nouer
des liens avec ceux qui éprouvent les mêmes problèmes.
» Message
d'espoir...
N° Orphanet ORPHA73268
Les Syndromes Parkinsoniens de l'Adulte Jeune (SPAJ)
regroupent les maladies de Parkinson débutant avant l'âge
de 50 ans, dont la cause, la présentation clinique l'évolution
et la prise en charge diffèrent de celles de la forme
classique débutant après 60 ans.
L'incidence du SPAJ est évaluée à 1.5/100 000
personnes/an entre 30 et 50 ans. Il y aurait entre 1000
et 2000 malades en France.
En plus de la rigidité, du tremblement de repos, de
l'akinésie et de l'asymétrie, les SPAJ se caractérisent
par des postures dystoniques, souvent inaugurales, prédominant
aux membres inférieurs; des réflexes vifs; une prédominance
fréquente de la bradykinésie et de la rigidité sur le
tremblement; une bonne réponse au traitement
anti-parkinsonien; l'absence de trouble cognitif ou
d'atteinte axiale; l'apparition plus fréquente et plus
précoce de fluctuations et de
dyskinésies; une fréquence accrue des troubles de
l'humeur et des perturbations de la vie sociale; une
progression plus lente de la maladie.
Les SPAJ peuvent être familiaux ou sporadiques.
Les gènes parkinson (PARK2), DJ-1 (PARK6) et Pink1
(PARK7) sont en cause dans des formes autosomiques récessives
associées à un début précoce.
Dans la population européenne, les mutations de la parkinson
représentent plus de 50% des formes familiales de SPAJ.
La fréquence des mutations des gènes PINK1 et DJ-1 est
beaucoup plus faible. Le gène LRRK2, qui code pour la daraise,
peut être en cause dans les formes sporadiques ou
familiales dominantes de SPAJ.
Le diagnostic clinique de SPAJ peut être étayé par
l'analyse génétique et la scintigraphie
cérébrale des transporteurs de la dopamine. Les
diagnostics différentiels sont aussi divers que les
dystonies Dopa-sensibles, la maladie de Wilson, la
maladie de Gaucher type 3, la neurodégénérescence
associée à la panthoténate kinase, les formes juvéniles
de maladie de Huntington ou d'atrophie
dento-rubro-pallido-luysienne, les lésions des noyaux
gris centraux.
Le conseil génétique est recommandé dans les formes
familiales et/ou si la mutation spécifique est connue.
Il est cependant difficile car il s'agit d'une maladie
invalidante, non létale, pour laquelle on dispose de
traitements efficaces. De plus, la pénétrance des différentes
mutations est
mal étudiée.
Le traitement vise à traiter les symptômes liés à la
dénervation dopaminergique et à ceux ne répondant pas
au traitement dopaminergique, et à retarder puis à
traiter l'apparition des complications liées au
traitement (fluctuations motrices et dyskinésies).
Le traitement recommandé est une mono thérapie
initiale par agonistes dopaminergiques. Les
dérivés non ergotés (peribidil, ropinirole,
pramipexole, rotigotine) sont à préférer aux dérivés
ergotés (bromocriptine, lisuride, pergolide), en raison
du risque rare de fibrose cardio-pulmonaire et retro péritonéale.
Une introduction relativement précoce de L-dopa,
souvent plus efficace sur les symptômes moteurs, doit
être discutée, tout comme l'utilisation des
inhibiteurs de la COMT (entacapone, tolérance).
A un stade plus évolué, l'équilibre thérapeutique résulte
d'adaptations médicamenteuses subtiles en poly thérapie.
Le traitement s'accompagne d'une prise en charge des
aspects professionnels, personnels et familiaux. Lorsque
l'approche pharmacologique ne permet plus d'assurer une
bonne qualité de vie aux patients, on peut discuter une
approche par stimulation bilatérale du noyau
sub-thalamique.
*Auteur : Dr E. Roze (mai 2006)*.
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