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LA
NICOTINOTHERAPIE
Dr
Gabriel VILLAFANE
Les observations cliniques après 8 ans
de traitement par nicotine transdermale
chez les
Patients
parkinsoniens.
Gabriel VILLAFANE
Hôpital Henri Mondor – Créteil
Hôpital Rothschild – Paris
Introduction
Dans
90 à 95% des cas la nicotinothérapie
transdermale est administrée à haute
dose et de façon
chronique. Dans 5 à 10% des cas, il
faut également l'administrer de façon
chronique mais
à des doses moins importantes. Il
s'agit :
des Patients
qui ont une diminution des récepteurs
nicotiniques centraux et périphériques,
des
Patients qui présentent une
intolérance à la nicotine comme à
d'autres types de médicaments
en
général,
des
Patients peu réceptifs à la L-Dopa.
Récemment,
grâce au Pet-Scan F 18 et plus tard au
Dat-Scan Ip 123, on a constaté :
une
diminution physiologique des récepteurs
nicotiniques chez des sujets sains,
âgés de
65 à 95 ans
qui va
éventuellement entraîner de façon
indirecte un syndrome parkinsonien
physiologique nommé
syndrome
parkinsonien sénile.
une diminution pathologique importante
des récepteurs nicotiniques chez des
sujets atteints
de la MP.
Il
n'est pas exclu de trouver des sujets
parkinsoniens plus ou moins réactifs à
la molécule de nicotine
comme à d'autres médicaments. Même si
l'on n'obtient pas d'amélioration pour
ces cas,
il est positif de donner des petites
doses adaptées au sujet pour avoir au
moins la sécrétion
d'un facteur neurotrophique GDNF (Giall-cell
Derived Neurotrophic Factor) afin
que la
maladie puisse ralentir son évolution.
Donc,
même avec de faibles doses de nicotine,
une action neuroprotectrice semble être
assurée.
Jusqu'à ce jour, on n'a pas constaté
d'aggravation de la MP chez les patients
sous nicotinothérapie,
ni cliniquement, ni à l'imagerie
(publications soumises). On peut
imaginer aujourd'hui
qu'il en va de même pour les autres
maladies neurodégénératives dont
Alzheimer,
PSP, démence à corps de Lewy.
Les
facteurs indispensables à prendre en
compte pour une bonne utilisation de la
nicotinothérapie
:
1) l'âge du patient et l'âge de la
maladie (et non la date du
diagnostic).
La
nicotine pourrait avoir un rôle
préventif et pourrait être utilisée
chez les sujets âgés sains,
pour
préserver le nombre
de récepteurs nicotiniques, et chez les
sujets qui ont une prédisposition
familiale ou
autre à développer
une MP ou autres maladies neuro dégénératives,
pour multiplier le nombre de
récepteurs
nicotiniques, repousser les symptômes
et retarder l'apparition de la maladie.
Il y a une relation entre le nombre de
récepteurs nicotiniques et la dose de
nicotine administrée.
Un
Pet-Scan ou un
Dat-Scan doivent être faits avant la
mise en route de la nicotinothérapie
pour connaître le
nombre des
récepteurs nicotiniques et pouvoir
déterminer
la dose exacte de nicotine à
administrer de
façon spécifique à
chaque patient
2) l'état général du patient.
La
nicotine doit être administrée en
tenant compte des autres traitements
concomitants éventuels
3) le patient opéré
Les
patients qui ont eu une intervention
chirurgicale pour la MP, peuvent
également bénéficier
de la
nicotinothérapie qui
va alors potentialiser les effets du
traitement chirurgical.
4) le poids du patient.
Rapport
du poids du patient à la dose de
nicotine administrée.
5) la personnalité du patient
(anxiété, dépression, manque
d'initiative).
Il
faut tenir compte et adapter la dose de
nicotine en fonction de l'état du
patient. Par exemple,
chez un
patient anxieux on
donne une dose moins importante et de
façon plus progressive
avec une éventuelle
correction par des
anxiolytiques
6) les problèmes psychiatriques
(idées suicidaires, délires,
hallucinations).
Ils
sont des critères d'exclusion.
7) l'hypotension orthostatique.
La
nicotine est administrée avec une
correction par des hypertenseurs.
8) l'environnement culturel du
patient.
Les
habitudes de la vie quotidienne du
patient, l'heure des repas, l'heure du
coucher, le temps
de veille
et de sommeil, le
climat, la température, la saison sont
à prendre en compte
dans la gestion du
traitement.
Le
nombre élevé des récepteurs
nicotiniques dans le Système Nerveux
Central permet une
meilleure
performance de la
nicotinothérapie transdermale pour la
MP.
Les patients qui ont une MP idiopathique
ont une diminution des récepteurs
nicotiniques qui
entraîne
une diminution de la
sécrétion, de la transmission et des
effets de la dopamine
(implication de l'ouverture
des canaux
calciques).
Les
patients qui ont une maladie d'Alzheimer
ont une diminution des récepteurs
nicotiniques
qui entraîne
une diminution de la
transmission et des effets de l’acétylcholine
(implication
de l'ouverture des canaux
calciques).
La nicotinothérapie a une action 100%
positive pour les patients parkinsoniens
:
qui présentent la forme MP
Akineto-Rigide
qui ont des
dystonies et des dyskinésies très
importantes Score Obeso III à IV
qui ont des
tremblements purs de repos classés I et
II dans l'échelle UPDRS III (moteur)
Les
symptômes améliorés par la
nicotinothérapie sont par ordre
chronologique
a :dystonie
b :dyskinésie
c :hypokinésie
d : akinésie
e : rigidité
f : mémoire pour la forme
Parkinson-Démence.
Plus
tardivement :
a.: tremblements de repos purs -
modérés (I-II score UPDRS moteur)
b.:symptômes neurovégétatifs
(hypotension orthostatique,
constipation, salivation.).
Au
bout de 4 à 8 mois de traitement :
on
peut diminuer les traitements
antiparkinsoniens, de 50% en ce qui
concerne la dopamine (L-Dopa)
on
peut diminuer ou continuer les
Agonistes Dopaminergiques selon le cas
puisqu'ils
ont un effet synergique
avec la nicotine pour la
majorité des cas.
Si
l'on arrive par le biais de l'imagerie
à bien préciser le nombre de
récepteurs nicotiniques et
dopaminergiques
pour la MP, et des récepteurs de
l'acétylcholine pour la maladie d'Alzheimer,
non
fonctionnels ou
dégénérés, on pourra :
A. : situer la date exacte du début de
la maladie en cas de MP déclarée,
B.
: prévoir le moment de la déclaration
de la maladie pour les patients jeunes
et asymptomatiques
potentiellement suspects d'avoir une MP
ou autre maladie neurodégénérative,
C.
: Pour les premiers cas A, on peut
envisager de mieux adapter la dose
exacte et le temps
du
traitement nicotinique.
D.
: Pour le deuxième cas B, on peut
envisager de donner un traitement
nicotinique préventif
afin de
retarder au maximum l'apparition des
symptômes de la MP.
Conclusion
Par conséquent, en appliquant la
nicotinothérapie transdermale de façon
précoce à titre
préventif ou
thérapeutique,
on pourrait retarder au maximum
l'apparition des symptômes
de la MP et éventuellement
des autres
maladies neurodégénératives, notamment
la maladie d' Alzheimer, PSP, démence
à corps
de Lewy,
Une prise en charge anticipée de la MP
aurait pour conséquences :
une
diminution du nombre des malades,
une
diminution du nombre des malades
dépendants (non autonomes dans les
gestes de
la vie
quotidienne) selon la date d'apparition
des symptômes,
une
diminution des traitements dispensés (invasifs
et médicamenteux classiques)
une
diminution du coût financier pour la
Sécurité Sociale (souci actuel compte
tenu de
l'allongement
de l'espérance de vie qui entraîne
l'augmentation globale de la population
saine, et
bien entendu des
sujets malades dont la maladie entraîne
des dépenses de santé au
long cours).
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