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  Le syndrome des jambes sans repos: une maladie mal connue...!
 

Informations

 

 Le syndrome des jambes sans repos: une maladie mal connue

Fourmillements perpétuels, sensation de brûlure, d'eau qui ruisselle en permanence le long des mollets...
Longtemps mal diagnostiqué, et par conséquent mal traité, le Syndrome des jambes sans repos est aujourd'hui reconnu comme une maladie à part entière.
Voilà de quoi marquer un pas en avant dans la prise en charge de cette pathologie méconnue qui toucherait pourtant plus d'un million de personnes en france.

Des symptômes difficiles à décrire

D'écrite pour la première fois en 1945 par un médecin suédois, le Docteur Karl Abel Ekbom, le Syndrome des jambes dans repos reste un maladie mal identifiée.
Pourtant, une enquête épidémiologie effectuée en France auprès de 10000 personnes montre une prévalence annuelle de 8,5%, ce qui représente plus de 500000 personnes touchées, dont deux fois plus de femmes que d'hommes. Les formes modérées à sévères nécessitant un traitement concerneraient, quand à elles, 2 à 3% de la population.
Ses symptômes ne sont pas évidents à d'écrire. Le plus souvent, le patient se plaint de sensations multiformes : fourmillements, brûlures, décharges électriques,<<secousses>>, de picotements, sensation d'insectes rampant le long des jambes, d'eau qui coule, d'agacement des membres inférieures... D' impatience. Ce dernier est d'ailleurs le terme traditionnellement utilisé : <<Docteur, j'ai des impatiences>>. Ces sensations très désagréables obligent le malade à bouger, la marche et les mouvements apportant un soulagement immédiat.
Le Syndrome des jambes sans repos survient surtout le soir et la nuit. Le sommeil est souvent perturbé avec des troubles de l'endormissement et, ou, des insomnies, ce qui entraîne des perturbations dans la vie quotidienne, une certaine fatigue, des épisodes de somnolence diurne. Si vous souffrez de troubles du sommeil, il est donc important, lors d'une consultation chez votre médecin, de lui indiquer si vous avez l'impression, ou non, d'avoir des <<impatiences>> dans les jambes pendant les phases d'éveil.

 
Une affection proche de la maladie de parkinson

Aujourd'hui, cette pathologie est considérée comme une maladie neurologique à part entière, proche de la maladie de Parkinson. 
Elle serait liée à un dysfonctionnement du système dopaminergique.
Qu'est-ce que la dopamine? C'est un neurotransmetteur, substance chimique naturellement présente dans le corps humain, qui participe à la transmission de l'influx nerveux. Elle agit au niveau central, c'est-à-dire au niveau du cerveau, mais aussi au niveau périphérique, sur le coeur, les artères, les reins, le tube digestif. Le système dopaminergique est également impliqué dans les mécanismes complexes qui contrôle les mouvements.
Dans la maladie de Parkinson, tout comme le Syndrome des jambes sans repos, on constate un déficit du cerveau en dopamine, Certaines personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent, d'ailleurs, un Syndrome des jambes sans repos.

Une maladie d'origine génétique?

Le Syndrome des jambes sans repos est probablement une affection d'origine génétique. En effet, plus de la moitié des patients ont une histoire familiale. Quant à l'autre moitié, on parle de la maladie idiopathique, c'est-à-dire sans cause connue.
Il débute le plus souvent après 45 ans, sa fréquence augmentant avec l'âge. Sa survenue est favorisée par le diabète, certaines atteintes de la tyroïde, l'insuffisance rénale, la polyarthrite rhumatoïde, la grossesse ainsi que par la prise de certains médicaments comme les anti-dépresseurs, neuroleptiques et certains vasodilatateurs artériels (inhibiteurs calciques).
On peut également trouver dans le Syndrome des jambes sans repos un déficit en fer, ce qui expliquerait que la maladie touche deux fois plus de femmes, plus sujettes à cette carence, que d'hommes.

Une pathologie souvent mal traitée 

Parce qu'elle est souvent mal diagnostiquée, cette maladie est aussi mal traitée. Les malades, sans vraiment savoir de quoi ils souffrent, sont le plus souvent traités par des veinotoniques, des antidépresseurs, de la cortisone ou parfois même, font une psychothérapie, sans résultat.
Pourtant, le Syndrome des jambes sans repos ne doit plus être considéré comme une plainte de nature psychopathologique ou sans fondement. C'est une affection qui, une fois diagnostiquée, peut bénéficier de traitements divers, suivant la gravité de l'atteinte.
En premier lieu, si un facteur favorisant a été mis en évidence, tel que le diabète, ou une carence en fer, il doit être traité. Les formes légères ou occasionnelles peuvent, avec l'accord du patient, se passer de thérapeutique médicamenteuse.
Toutefois certaines règles d'hygiène de vie devront être mises en pratique. Il s'agira d'éviter les excitants comme le café, le thé, l'alcool, ou l'exercice physique intense en fin de journée.
On peut aussi conseiller des massages, des exercices de relaxation et d'étirement. Parallèlement, une bonne hygiène de sommeil est recommandée. Si un traitement médicamenteux est nécessaire, le médecin pourra prescrire, dans les formes modérées, des sédatifs ou des médicaments qui reproduisent les effets de la dopamine, dans les formes plus sévères. Ce type de molécules est utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson.
Enfin, les formes rebelles et douloureuses, sous étroite surveillance médicale, pourront éventuellement être soulagées par des dérivés d'opium, ou des anticonvulsivants.
Dans tous les cas, il est bien évident que l'avis du médecin est indispensable. 

  

 Les observations cliniques de traitement par nicotine transdermale chez les patients parkinsoniens.

LA NICOTINOTHERAPIE

Dr Gabriel VILLAFANE

Les observations cliniques après 8 ans de traitement par nicotine transdermale chez les
Patients parkinsoniens.
Gabriel VILLAFANE
Hôpital Henri Mondor – Créteil
Hôpital Rothschild – Paris

Introduction

Dans 90 à 95% des cas la nicotinothérapie transdermale est administrée à haute dose et de façon chronique. Dans 5 à 10% des cas, il faut également l'administrer de façon chronique mais à des doses moins importantes. Il s'agit :
     des Patients qui ont une diminution des récepteurs nicotiniques centraux et
périphériques,
     des Patients qui présentent une intolérance à la nicotine comme à d'autres types de médicaments en
     général,
     des Patients peu réceptifs à la L-Dopa.

Récemment, grâce au Pet-Scan F 18 et plus tard au Dat-Scan Ip 123, on a constaté :
     une diminution physiologique des récepteurs nicotiniques chez des sujets sains, âgés de 65 à 95 ans
     qui va éventuellement entraîner de façon indirecte un syndrome
parkinsonien physiologique nommé
     syndrome parkinsonien sénile.

     une diminution pathologique importante des récepteurs nicotiniques chez des sujets atteints de la MP.

Il n'est pas exclu de trouver des sujets parkinsoniens plus ou moins réactifs à la molécule de nicotine comme à d'autres médicaments. Même si l'on n'obtient pas d'amélioration pour ces cas, il est positif de donner des petites doses adaptées au sujet pour avoir au moins la sécrétion d'un facteur neurotrophique GDNF (Giall-cell Derived Neurotrophic Factor) afin que la maladie puisse ralentir son évolution.

Donc, même avec de faibles doses de nicotine, une action neuroprotectrice semble être assurée. Jusqu'à ce jour, on n'a pas constaté d'aggravation de la MP chez les patients sous nicotinothérapie, ni cliniquement, ni à l'imagerie (publications soumises). On peut imaginer aujourd'hui qu'il en va de même pour les autres maladies neurodégénératives dont Alzheimer, PSP, démence à corps de Lewy.

Les facteurs indispensables à prendre en compte pour une bonne utilisation de la nicotinothérapie :

    1) l'âge du patient et l'âge de la maladie (et non la date du diagnostic).
    La nicotine pourrait avoir un rôle préventif et pourrait être utilisée chez les sujets âgés sains, pour
    préserver le nombre de récepteurs nicotiniques, et chez les sujets qui ont une
prédisposition familiale ou
    autre à développer une MP ou autres maladies neuro
dégénératives, pour multiplier le nombre de
    récepteurs nicotiniques, repousser les
symptômes et retarder l'apparition de la maladie.

    Il y a une relation entre le nombre de récepteurs nicotiniques et la dose de nicotine administrée. Un
    Pet-Scan ou un Dat-Scan doivent être faits avant la mise en route de la
nicotinothérapie pour connaître le
    nombre des récepteurs nicotiniques et pouvoir
déterminer la dose exacte de nicotine à administrer de
    façon spécifique à chaque patient

    2) l'état général du patient.
    La nicotine doit être administrée en tenant compte des autres traitements concomitants éventuels

    3) le patient opéré
    Les patients qui ont eu une intervention chirurgicale pour la MP, peuvent également bénéficier de la
    nicotinothérapie qui va alors potentialiser les effets du traitement
chirurgical.

    4) le poids du patient.
    Rapport du poids du patient à la dose de nicotine administrée.

    5) la personnalité du patient (anxiété, dépression, manque d'initiative).
    Il faut tenir compte et adapter la dose de nicotine en fonction de l'état du patient. Par exemple, chez un
    patient anxieux on donne une dose moins importante et de façon plus
progressive avec une éventuelle
    correction par des anxiolytiques

    6) les problèmes psychiatriques (idées suicidaires, délires, hallucinations).
    Ils sont des critères d'exclusion.

    7) l'hypotension orthostatique.
    La nicotine est administrée avec une correction par des hypertenseurs.

    8) l'environnement culturel du patient.
    Les habitudes de la vie quotidienne du patient, l'heure des repas, l'heure du coucher, le temps de veille
    et de sommeil, le climat, la température, la saison sont à prendre en
compte dans la gestion du
    traitement.
    Le nombre élevé des récepteurs nicotiniques dans le Système Nerveux Central permet une meilleure
    performance de la nicotinothérapie transdermale pour la MP.

    Les patients qui ont une MP idiopathique ont une diminution des récepteurs nicotiniques qui entraîne
    une diminution de la sécrétion, de la transmission et des effets de la
dopamine (implication de l'ouverture
    des canaux calciques).
    Les patients qui ont une maladie d'Alzheimer ont une diminution des récepteurs nicotiniques qui entraîne
    une diminution de la transmission et des effets de l’acétylcholine
(implication de l'ouverture des canaux
    calciques).

    La nicotinothérapie a une action 100% positive pour les patients parkinsoniens :

        qui présentent la forme MP Akineto-Rigide
        qui ont des dystonies et des dyskinésies très importantes Score Obeso III à IV
        qui ont des tremblements purs de repos classés I et II dans l'échelle UPDRS III (moteur)

Les symptômes améliorés par la nicotinothérapie sont par ordre chronologique
a :dystonie
b :dyskinésie
c :hypokinésie
d : akinésie
e : rigidité
f : mémoire pour la forme Parkinson-Démence.

Plus tardivement :
a.: tremblements de repos purs - modérés (I-II score UPDRS moteur)
b.:symptômes neurovégétatifs (hypotension orthostatique, constipation, salivation.).

Au bout de 4 à 8 mois de traitement :
  on peut diminuer les traitements antiparkinsoniens, de 50% en ce qui concerne la dopamine (L-Dopa) on
  peut diminuer ou continuer les Agonistes Dopaminergiques selon le cas
puisqu'ils ont un effet synergique
  avec la nicotine pour la majorité des cas.

Si l'on arrive par le biais de l'imagerie à bien préciser le nombre de récepteurs nicotiniques et 
   dopaminergiques pour la MP, et des récepteurs de l'acétylcholine pour la maladie d'Alzheimer, non
   fonctionnels ou dégénérés, on pourra :

     A. : situer la date exacte du début de la maladie en cas de MP déclarée,
     B. : prévoir le moment de la déclaration de la maladie pour les patients jeunes et asymptomatiques
           potentiellement suspects d'avoir une MP ou autre maladie
neurodégénérative,
     C. : Pour les premiers cas A, on peut envisager de mieux adapter la dose exacte et le temps du
           traitement nicotinique.
     D. : Pour le deuxième cas B, on peut envisager de donner un traitement nicotinique préventif afin de
           retarder au maximum l'apparition des symptômes de la MP.

Conclusion

     Par conséquent, en appliquant la nicotinothérapie transdermale de façon précoce à titre préventif ou
     thérapeutique, on pourrait retarder au maximum l'apparition des
symptômes de la MP et éventuellement
     des autres maladies neurodégénératives,
notamment la maladie d' Alzheimer, PSP, démence à corps
     de Lewy,

     Une prise en charge anticipée de la MP aurait pour conséquences :
          une diminution du nombre des malades,
          une diminution du nombre des malades dépendants (non autonomes dans les gestes de la vie
          quotidienne) selon la date d'apparition des symptômes,
          une diminution des traitements dispensés (invasifs et médicamenteux classiques)
          une diminution du coût financier pour la Sécurité Sociale (souci actuel compte tenu de l'allongement
          de l'espérance de vie qui entraîne l'augmentation globale de la population
saine, et bien entendu des
          sujets malades dont la maladie entraîne des dépenses de santé
au long cours).

 

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