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Alzheimer et Parkinson : et maintenant, les nitrates !


Soupçonnés d’intervenir dans la survenue de certains cancers, les nitrates favorisent-ils aussi l’apparition des maladies d’Alzheimer et de Parkinson ? C’est ce que suggèrent des scientifiques américains, Suzanne de la Monte et ses collaborateurs de l’Etat du Rhode Island.


Ils ont mis à jour « un parallèle entre les taux de mortalité par maladies d’Alzheimer et de Parkinson et l’exposition aux nitrates et aux nitrosamines », à travers l’environnement ou l’alimentation. Les nitrosamines sont formées à partir des dérivés nitrés (les nitrates et les nitrites, donc) utilisés comme conservateurs dans l’industrie agro-alimentaire. Ils sont également présents dans les sols contaminés par les engrais azotés et les effluents d’élevage.

Les auteurs ont observé que « les altérations cellulaires survenant en cas d’exposition aux nitrosamines étaient similaires à celles qui apparaissent notamment, dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson ». Un constat d’autant plus intéressant qu’il confirme les résultats d’une étude française publiée récemment, selon laquelle l’exposition aux pesticides doublait le risque de maladie de Parkinson…

Source : Journal of Alzheimer Disease, Vol.17:3 Juillet 2009

 Nos cellules n’aiment pas les nitrates…

[29 juin 2007 - 09h43]

Si la Commission européenne a choisi de saisir à nouveau la Cour de Justice de Luxembourg pour non-respect par la France du seuil maximal de 50mg de nitrates par litre dans certaines rivières bretonnes, c’est au nom de l’environnement. Mais aussi de la santé publique.

Les nitrates, présents dans l’eau, les légumes et les charcuteries, sont essentiellement toxiques pour les nourrissons. Ces derniers sont en effet exposés à une affection très rare de nos jours mais mortelle, la méthémoglobinémie ou « maladie bleue ».

Dans notre organisme, les nitrates sont transformés en nitrites, qui réduisent la capacité du sang à transporter l’oxygène jusqu’aux cellules. Lesquelles par voie de conséquence, sont asphyxiées ou cyanosées, d’où le nom de « maladie bleue ».

Comme le souligne l’OMS, « la méthémoglobinémie est rare aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés, du fait que la teneur des eaux en nitrates est généralement bien contrôlée ». Partant d’un principe de précaution, la norme de potabilité pour l’eau est fixée à 50mg/l. Mais au-delà de 100 mg/l, « l’eau ne doit plus être consommée » soulignent les Agences de l’Eau.

Plusieurs spécialistes français, dont le Pr Patrick Lozac'h du service de chirurgie générale et digestive au CHU de Brest, soupçonnent aussi les nitrates d’être une cause, directe ou aggravante, des cancers de l’oesophage et de l’estomac. En 2002 déjà, ce médecin brestois demandait d’ailleurs le lancement rapide d’une étude épidémiologique dans le Finistère. A l’époque, la proportion de ces deux maladies dans le département était deux fois supérieure à la moyenne nationale.

Cinq ans plus tard, « aucune étude n’a été mise en place » nous a-t-on confirmé à l’Observatoire régional de la Santé (ORS) et à la DRASS de Bretagne. En revanche, « les taux de mortalité par cancer de l’estomac et de l’oesophage sont toujours plus élevés qu’ailleurs. Mais aucun lien n’a pu être vraiment établi ».

D’une manière générale, que vous habitiez la Bretagne ou une autre région, sachez que vous pouvez vous informaerdirectement sur la qualité des eaux de votre ville auprès de la mairie ou du service des eaux. Et tant que votre municipalité ne vous a pas informé d’un risque potentiel, vous pouvez en toute sécurité consommer l’eau du robinet.

Source : ORS Bretagne, DRASS Bretagne, Agences de l’Eau, OMS

 Parkinson et pesticides, la liaison dangereuse


« L’exposition aux pesticides double quasiment le risque de maladie de Parkinson parmi les agriculteurs ».

C’est l’inquiétante conclusion d’une équipe de l’INSERM. Dans sa ligne de mire, les insecticides organochlorés dont le plus répandu est le DDT (dichloro-diphényl-trichloréthane), largement utilisé en France entre les années 1950 et 1970.

En collaboration avec la Mutualité sociale agricole (MSA), une équipe de l’INSERM à l’Université Pierre et Marie Curie de Paris, a étudié les dossiers de 224 Parkinsoniens. « L’exposition aux pesticides durant leur vie professionnelle a été reconstituée de manière très détaillée » précisent les auteurs. Les résultats ont ensuite été comparés à ceux d’un groupe contrôle composé de 557 agriculteurs en bonne santé.

Conclusion, « les patients atteints de maladie de Parkinson avaient utilisé des pesticides plus souvent et durant un plus grand nombre d’années que les témoins du groupe contrôle » constatent les chercheurs. Parmi les principaux pesticides identifiés, le lindane et le DDT reviennent avec force dans les témoignages des agriculteurs. Et si le DDT est interdit en France depuis 1973, le lindane en revanche n’a été retiré du marché qu’en… 1998. Or ces produits sont connus pour s’accumuler dans la chaîne alimentaire et persister de longues années dans l'environnement. Pour les auteurs, cette réalité « pose la question du rôle d’une contamination résiduelle de la population générale ».

Source : INSERM, Université Pierre et Marie Curie, 16 juin 2009
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