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Les mamans aisées et
bien informées demandent de plus en plus à leur gynécologue
de prélever le sang de cordon de leur enfant. Congrès à
Monaco.

Plus de 7 000 patients, dans plus de 150 pays, ont déjà
été traités par des
transplantations de cellules souches de sang de cordon.
Les cellules souches - véritable
révolution dans le monde médical - sauvent déjà des
vies, et « ouvrent la voie à la possibilité de réparer
n'importe quel organe endommagé », affirment les
chercheurs et les médecins biologistes.
Au cours des 18 dernières
années, plus de 7 000 patients, dans plus de 150 pays,
ont été traités par des transplantations de cellules
souches de sang de cordon ombilical. Une technique qui
soulève très peu de débats éthiques puisqu'elle ne
touche pas à l'embryon, mais uniquement au cordon
ombilical au moment de la naissance. Elle est de plus sans
danger, ni pour la mère, ni pour l'enfant.
Entre 15 et 20 prélèvements
par an
Dans la grande
majorité des cas, ces cellules étaient « allogènes »
(données par une autre personne), mais aujourd'hui le
nombre de traitements « autologues » (utilisation de ses
propres cellules souches ou de celles d'un membre de la
famille), continue à augmenter. C'est le cas en
Principauté, et c'est aussi un des principaux thèmes du
congrès de gynécologie de Monaco (« Gynovations 2008 »)
qui se tient à l'hôtel Fairmont jusqu'à samedi.
Aux États-Unis,
mais aussi dans quelques pays européens, des firmes privées
proposent de stocker à des fins personnelles les cellules
souches prélevées sur le cordon des nouveau-nés. Ces
cellules, déjà efficaces dans le traitement des leucémies,
devraient permettre un jour de réparer l'homme en remplaçant
ses cellules endommagées, dans les maladies hématologiques,
mais aussi, nous promet-on, dans la maladie d'Alzheimer ou
de Parkinson...
Conserver le
cordon ombilical comme un trésor de famille. C'est en
effet la démarche d'un nombre croissant de jeunes femmes
de Monaco qui espère ainsi détenir en stock un "
capital santé " en cas de maladie grave.
Un kit à 1
500 euros
Au Centre
Hospitalier Princesse-Grace, « la demande est de
plus en plus importante », explique le Pr Alain
Treisser. Alors que les perspectives thérapeutiques
semblent extraordinaires, le chef de service de la
maternité du CHPG affiche cependant des réserves :
« La
conservation du sang de cordon coûte cher, insiste-il.
Ce n'est absolument pas pris en charge. Nous ne
faisons aucune publicité autour de cette pratique. Tout
le monde ne peut pas se payer cela. Toutefois, lorsque
les femmes expriment leur souhait, nous accédons à
leur demande si l'accouchement se déroule sans
complication. »
Aux familles
donc d'entrer en contact avec un laboratoire privé (en
Allemagne, en Angleterre, en Suisse ou aux États-Unis
par exemple). Elles doivent acheter un kit pour
conserver le prélèvement durant le transport. Le gynécologue
accoucheur ou la sage-femme prélève le sang. «
L'acte n'est ni facturé, ni facturable », explique
le Pr Alain Treisser. Mais il faut toutefois débourser
environ 1 500 euros pour le kit et la conservation du prélèvement
dans une banque privée.
Une somme
abordable pour beaucoup de gens de Monaco...
Joëlle Deviras, le
vendredi 13 juin 2008
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