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  La stimulation du cerveau au coeur de la campagne du neurodon - Stimuler le cerveau: une arme contre le vieillissement...!
 

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 La stimulation du cerveau au coeur de la campagne du neurodon

PARIS (AFP) — La campagne du neurodon, organisée par la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC) du 10 au 16 mars, aura pour thème cette année la stimulation du cerveau soit par son environnement soit par électrodes fichées dans l'organe.

Le cerveau, "c'est le contraire des piles qui ne s'usent que si l'on s'en sert: il ne s'use que si l'on ne s'en sert pas", a souligné jeudi devant la presse le Dr Etienne Hirsch, président du conseil scientifique de la FRC, qui regroupe plusieurs sociétés spécialisées.

Evoquant les langues que l'on oublie si on ne les pratique pas, ou le petit rat aveugle parce que depuis sa naissance on l'a empêché de voir, il a souligné que le cerveau était un organe "d'une grande plasticité" qui s'adaptait sous l'influence de son milieu et qu'il fallait "stimuler tout le temps".

Une plasticité qui lui permet aussi de compenser les effets d'une lésion. Par exemple si l'on perd des fonctions pour cause d'accident vasculaire cérébral, "des zones adjacentes peuvent les reprendre", suite à une rééducation. Ce qui implique que des maladies comme Alzheimer ou Parkinson ne soient pas décelables au début, "d'autres neurones prenant d'abord en charge les fonctions des zones touchées".

Si la stimulation par l'environnement est sans effet et si le patient ne répond pas au traitement médicamenteux, on peut recourir à la "stimulation cérébrale profonde" par implantations d'électrodes sur des zones très ciblées, une technique, selon la FRC, où les Français sont "leaders mondiaux".

La FRC, neurodon aidant, a financé les travaux d'une équipe de l'Inserm dirigée par le Dr Jérôme Yelnik, directeur de recherche à la Salpêtrière, qui a réalisé une carte du cerveau en trois dimensions permettant d'atteindre des cibles extrêmement petites.

"Cela permet d'implanter les électrodes exactement où il faut, et donc d'éviter les effets secondaires", a souligné le Dr Hirsch, tandis que le Dr Yelnik notait qu'il s'agissait d'une technique "très délicate", employée seulement par quelques équipes en France.

Cette technique marche particulièrement pour des personnes souffrant de la maladie de Parkinson. Elle pourrait aussi avoir des indications pour les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), la maladie de Gilles de la Tourette (tics), voire des dépressions sévères.

Avec les dons de la campagne 2007, soit au total 1,8 million d'euros, la FRC a pu aider 25 projets de recherche. Selon le Dr Hirsch, la recherche en neuro-sciences met la France dans le "top 3" mondial, derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

 Stimuler le cerveau: une arme contre le vieillissement

Jouer à entretenir sa mémoire, lire, jardiner, bricoler... Notre cerveau a besoin de stimulation permanente pour éviter l'usure naturelle. Et s'il dégénère ou dysfonctionne, sa stimulation par des électrodes implantées en profondeur parvient dans certains cas à restaurer les neurones et à soulager le malade de symptômes neurologiques handicapants.


Notre cerveau a besoin de stimulation
permanente pour éviter l'usure naturelle.
Photo Alain Roberge, archives La Presse

Différentes et ne devant en aucun cas être confondues, ces deux formes de stimulation suscitent l'intérêt des chercheurs.

«Des ratons dont un des deux yeux a été fermé deviennent aveugles de cet oeil, les régions du cerveau ayant perdu leur capacité fonctionnelle. Chez l'Homme, une langue étrangère apprise dans l'enfance s'oublie quand elle n'est pas pratiquée», a ainsi relevé jeudi le Dr Etienne Hirsch, président du conseil scientifique de la Fédération (française) pour la recherche sur le cerveau (FRC). «Le cerveau ne s'use que quand on ne l'utilise pas», a-t-il résumé lors d'une conférence de presse.

Naturellement, au fil des ans, la plasticité cérébrale, c'est-à-dire la capacité du système nerveux central à se réorganiser en fonction des expériences vécues et de son environnement, diminue. Les circuits de neurones sont amoindris et l'apprentissage devient plus difficile.

«Il est important de stimuler son cerveau en permanence par des moyens et des activités variés», souligne Etienne Hirsch, même en cas d'accident vasculaire cérébral, quand les effets du vieillissement sont amplifiés ou dans certaines maladies dégénératives comme la maladie d'Alzheimer. Cet entraînement associé à de la rééducation préserve les circuits de neurones préexistants et la capacité d'en former de nouveaux.

Chirurgicale, la stimulation cérébrale profonde (qui consiste à implanter des électrodes dans certaines structures sous-corticales) a notamment révolutionné le pronostic de la maladie de Parkinson. Les patients souffrent tous d'une insuffisance en dopamine, la substance chimique qui régule la motricité. Cette déficience entraîne chez eux l'hyperactivité de certains des neurones responsables du contrôle de la bonne exécution des mouvements. D'où l'apparition de symptômes invalidants: tremblement, rigidité musculaire, lenteur des mouvements, paralysies, etc.

Le traitement médicamenteux consiste à donner au malade un soin de substitution (L-dopa) dont les effets secondaires à terme peuvent devenir insupportables. C'est à cette population que s'adresse le traitement par stimulation cérébrale profonde.

En pratique, deux électrodes sont implantées dans le cerveau. Elles sont raccordées à deux extensions connectées à un neurostimulateur semblable à un stimulateur cardiaque («pacemaker») qui envoie des impulsions électriques. Le neurostimulateur est placé sous la peau dans la région pectorale et les électrodes passent sous le cuir chevelu et le long du cou.

L'amélioration est de 70 pour cent en moyenne, notamment des fonctions motrices et des complications liées au traitement. Mais cette intervention n'est pas sans conséquence. Certains malades deviennent hyperactifs, veulent rattraper le retard. Ils veulent bouger, voyager. Leurs besoins sexuels s'intensifient.

«Les troubles de la libido, tout comme l'apparition de conduites addictives telles que le jeu, ne sont pas le seul fait de la stimulation profonde. Le traitement médicamenteux peut entraîner les mêmes effets», affirme le Dr Hirsch. «Pour les éviter, il faut que la stimulation soit réalisée au bon endroit. Qu'elle ne touche pas des zones qui ne sont pas lésées», ajoute-t-il.

On ne connaît pas encore toutes les possibilités de cette approche thérapeutique. À l'heure actuelle, les scientifiques se penchent sur certaines maladies neuropsychiatriques, notamment la dépression, et sur le traitement de la douleur.

Florence Sebaoun
Associated Press
Paris, le vendredi 29 février 2008

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