Le
jeune Sami Obaid, 17 ans, est monté
sur le ring de la recherche dans
l’espoir de mettre K.-O. la maladie
de Parkinson et une foule d’autres
maladies dégénératives.
Par Mathieu Larocque
Quand
Sami Obaid a vu Christopher Reeves
dans un fauteuil roulant pour la première
fois, il s’est demandé comment Superman
avait bien pu se retrouver dans une
telle situation.
Plus tard, Sami s’est posé la même
question en voyant le grand boxeur
Muhammad Ali — celui qui « volait
comme un papillon mais piquait comme
la guêpe » — atteint par les
effets débilitants de la maladie de
Parkinson.
Grâce à sa curiosité sans borne
et à l’aide du programme
Expo-sciences de son école, le collège
Regina Assumpta, à Laval, au Québec,
ce jeune de 17 ans est monté sur le
ring de la recherche dans l’espoir
de mettre hors de combat la maladie de
Parkinson et les troubles dégénératifs
qui avaient vaincu ses idoles et
affectent des millions de personnes
dans le monde entier.
La maladie de Parkinson provoque
des tremblements, une rigidité
musculaire, des troubles de l’élocution
et elle est parfois accompagnée de
confusion mentale ou de démence. Elle
est causée par une dégradation des
neurones producteurs de dopamine. La
dopamine est une substance
neurotransmettrice (c’est-à-dire
qui transmet les signaux du cerveau)
du système nerveux qui entre en jeu
dans les neurones responsables du
contrôle des mouvements du corps. La
maladie de Parkinson se caractérise
par un déficit en dopamine dans le
cerveau, ce qui se manifeste par des
troubles moteurs.
Dans ce combat contre les maladies
dégénératives, l’enjeu pour Sami
était de trouver un angle d’attaque
différent. Beaucoup de recherche a été
et continue d’être menée sur ce phénomène.
Il lui fallait donc trouver une
approche innovatrice qui distinguerait
ses travaux. Il l’a trouvée dans
les écrits de la Chine antique.
C’est en effet en consultant un
livre sur les cellules souches qu’il
est tombé sur une maxime chinoise
vieille de plusieurs siècles : « Le
cerveau est une mer de moelle. »
Après mûre réflexion, le jeune
chercheur s’est attelé à trouver
une façon d’atténuer les symptômes
du syndrome parkinsonien en utilisant
de nouveaux neurones provenant d’une
source abondante : la moelle osseuse.
Les Chinois avaient raison! On a déjà
réalisé des études sur la
production de neurones à partir de la
moelle osseuse, mais l’aspect
innovateur des travaux de Sami
provient du fait que les neurones
extraits de la moelle osseuse
produisent de la dopamine.
Les recherches de Sami sont fort
prometteuses et lui ont valu maintes
distinctions. En 2005, son expérimentation
« À la rescousse du Parkinson! » a
franchi toutes les étapes de l’Expo-sciences
pancanadienne. Il a représenté le
Canada à Phoenix, en Arizona, en mai
2005 dans le cadre de l’Intel
International Science and Engineering
Fair où il a obtenu la deuxième
place dans la catégorie médicale. Il
a également remporté le premier prix
du Défi Biotech Aventis à Montréal.
En 2004, grâce à une autre expérience,
il avait déjà gagné de nombreux
prix dans le cadre du Défi Biotech
Aventis et de l’Expo-sciences
pancanadienne. De plus, il fait partie
de l’équipe canadienne de l’Expo-sciences
internationale au Chili en juillet
2005.
Bon nombre d’universités
l’attendent à bras ouverts
lorsqu’il aura terminé ses études
secondaires. Il a en effet reçu des
bourses de l’Université de Montréal,
de l’Université Western Ontario et
de l’Université du Québec à
Trois-Rivières. Cependant, Sami
envisage des études à l’Université
McGill. Depuis deux ans, ses
recherches sur le Parkinson et les
neurones ont été menées à l’Institut
neurologique de Montréal, un centre
de recherche de l’Université McGill,
dans le laboratoire de la Dre
Josephine Nalbantoglu, sous la
supervision du Dr
Nicolay Ferrari. « Je souhaite
poursuivre mes études dans cet établissement,
précise Sami. J’ai été très bien
reçu à McGill. » Le Dr
Ferrari espère que son protégé
poursuivra ses études à McGill : «
Un CV comme le sien ouvre toutes les
portes. »
Sami est à ce point passionné par
la science que lorsque le Conseil de développement
du loisir scientifique du Québec lui
a demandé de devenir coordonnateur du
programme de promotion des sciences
SMARTS (Student Mentorship Association
Regarding Technology & Science),
il a accepté sans hésiter. « Cette
mission, je vais y faire honneur,
raconte Sami. J’ai toujours voulu
communiquer ma passion et initier
d’autres jeunes Canadiens à la
science. » Son travail consiste à
aider les chercheurs en herbe québécois
à trouver des laboratoires pour réaliser
leurs projets de recherche.
Cependant, si vous croyez que Sami
consacre tout son temps aux travaux de
l’esprit, détrompez-vous : la
culture physique et le sport occupent
également une grande place dans sa
vie. En plus de passer quelques heures
par jour au laboratoire de la Dre
Nalbantoglu, Sami est ceinture noire
et médaillé d’or panaméricain en
taekwondo, meilleur marqueur de son équipe
élite de soccer et il pratique le
golf et le tennis. C’est le sport
qui l’a motivé à poursuivre ses
recherches scientifiques au plus haut
niveau possible.
Lorsqu’on lui demande comment il
trouve le moyen d’exceller dans tout
ce qu’il entreprend, il explique que
la gestion du temps est la clef. « Je
dois m’organiser à la minute près.
» Il reconnaît que ses parents lui
ont permis de maintenir ce rythme effréné
en assurant son transport aux lieux où
se déroulent les multiples activités
auxquelles il participe. Ses parents
jouent d’ailleurs un rôle
primordial dans la poursuite de ses
objectifs. La famille Obaid place l’éducation
au centre de ses priorités. Sami et
sa sœur peuvent compter sur le
soutien inconditionnel de leurs
parents lorsqu’il s’agit d’éducation.
« Ils me disent souvent que l’éducation
est le seul héritage qu’ils me lègueront.
»
Parions que Sami Obaid saura tirer
profit de cet héritage. Étant donné
que de nombreuses universités
canadiennes sont prêtes à
l’accueillir, le jeune chercheur
aura tout le temps de choisir
l’environnement le plus approprié
pour poursuivre ses recherches et
peut-être un jour atteindre son
objectif ultime : « Réaliser quelque
chose de grand pour l’humanité. »
Pour en savoir plus :
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recherches de Sami Obaid :
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Société Parkinson Canada :