Image1:
imagerie anatomique et
fonctionnelle du cerveau humain.

Images cérébrales obtenues au
même niveau anatomique chez un
même sujet par la mise en
oeuvre de deux techniques
d'imagerie médicale.
A gauche: imagerie par résonance
magnétique anatomique (IRMa) -
à droite: tomographie par émission
de positons (Positon Emission
Tomography, PET). Ces deux
techniques, très complémentaires,
sont de plus en plus utilisées
en combinaison en neurologie -
mais également en chirurgie
interventionnelle et en
recherche fondamentale (Remy P.,
Hantraye P., Samson Y. La
tomographie par émission de
positons, un outil de recherche
fondamentale devenu
indispensable à la recherche
clinique: l'exemple des greffes
neuronales dans la maladie de
Parkinson, Médecine Sciences 4:
490-495, 1999).
Tandis que l'IRM fournit, avec
une précision de l'ordre du
millimètre, une image
tridimensionnelle de
l'organisation anatomique du
cerveau d'un sujet, la TEP,
elle, permet de rendre compte de
l'état d'activité (codé en
fausses couleurs) des grandes
fonctions cérébrales chez le même
patient. A la différence de
l'IRM, cette dernière technique
nécessite d'utiliser des
marqueurs radioactifs émetteurs
de positons (radio traceurs) qui
peuvent être des médicaments
ou des analogues/précurseurs de
neuromédiateurs - dans la
distribution cérébrale et détectables
de l'extérieur - de façon
totalement non traumatique.
Sur l'image IRM représentée à
gauche (l'avant du cerveau est
situé en haut, l'arrière en
bas - par convention), on fait
aisément la différence entre
la substance grise (les corps
cellulaires) et la substance
blanche (correspondant aux
grands faisceaux de fibres), ce
qui permet une excellente
reconnaissance des différentes
structures cérébrales. Ainsi,
à la périphérie, on reconnaît
le cortex cérébral avec ses
nombreux sillons qui pénètrent
assez largement, et au centre,
deux structures sous-corticales
importantes, le striatum (indiqué
par une flèche rouge) et le
thalamus, situé plus en arrière.
Sur l'image TEP (à droite),
obtenue à un niveau anatomique
correspondant strictement à
celui de l'IRM, en utilisant
comme marqueur radioactif un précurseur
fluoré de la dopamine
(18F-Fluorodopa), on peut
remarquer que le maximum de
radioactivité (représenté en
rouge sur l'échelle de couleur)
est observé dans le striatum -
ce qui indique que cette région
présente une certaine activité
du système dopaminergique. Par
comparaison, on peut voir que le
cortex cérébral présente, en
revanche, une activité
dopaminergique presque négligeable
(représentée en bleu/vert sur
l'échelle de couleurs).
Image
2: imagerie cérébrale

Sur
cette image, les deux modalités IRM et
TEP sont combinées, afin d'identifier
directement l'aspect anatomique et
fonctionnel dans une même région
cérébrale. Les avancées récentes de
l'imagerie médicale sont liées au
développement de logiciels
spécialisés, très performants,
autorisant une représentation en trois
dimensions de ces images
multimodalités. Cette représentation
tridimensionnelle du cerveau permet de
naviguer à volonté dans toutes les
directions et selon tous les plans de
coupes nécessaires d'un sujet - ce qui
facilite le repérage et
l'identification d'éventuelles
anomalies, que celles-ci soient
d'origine anatomique ou fonctionnelle.
Image
3: dégénérescence du système
dopaminergique dans la
maladie de Parkinson.

Ces trois images TEP obtenues en
utilisant le marqueur dopaminergique
18F-Fluorodopa, résument l'histoire
naturelle de la maladie de Parkinson,
une maladie neurodégénérative
caractérisée par une perte progressive
des neurones à dopamine du cerveau. On
voit sur l'image de gauche, un exemple
de fixation normale de ce traceur dans
le striatum - chez un sujet témoin. Les
deux zones blanches (maximum de
radioactivité) observables au centre de
cette image tomographique correspondent
aux deux striata des régions
impliquées dans le contrôle du
mouvement et qui reçoivent les axones
en provenance des cellules à dopamine.
L'image du centre a été obtenue chez
un malade présentant une forme
débutante de la maladie. On note une
très forte baisse, bilatérale, du
marquage des striata - ce qui traduit
qu'une forte dégénérescence du
système dopaminergique a déjà eu lieu
chez ce malade. L'image de droite, qui
est associée avec une disparition quasi
complète du signal dans le striatum
gauche et une baisse très marquée dans
le striatum droit, a été obtenue chez
un malade présentant une forme plus
évoluée de la maladie. Ces images,
quantitatives, de la fonction
dopaminergique régionale - permettent
d'établir des relations directes entre
un certain degré d'atteinte de la
fonction dopaminergique et la
sévérité plus ou moins grande des
symptômes associés à un stade donné
de la maladie.
Image
4: suivi de l'effet
des greffes
neuronales in vivo
par TEP.

Cette série de
quatre images résume
l'évolution de la
fonction
dopaminergique
striatale chez un
patient atteint de
maladie de
Parkinson, avant
(image de gauche) et
3, 6 et 12 mois après
que celui-ci ait reçu
une greffe de
cellules
dopaminergiques dans
un striatum (images
suivantes). Avant
greffe, l'imagerie
TEP avait permis de
constater une
disparition presque
complète du signal
18F-Fluorodopa chez
ce malade - qui
d'autre part présentait
une forme très évoluée
de la maladie. Dès
le 3ème mois et se
poursuivant jusqu'à
12 mois après la
greffe de neurones
embryonnaires
dopaminergiques, on
constate, du côté
transplanté, une
augmentation du
signal TEP
correspondant à la
greffe (flèches)
qui s'accompagnait
en parallèle d'une
amélioration
clinique
significative (Remy
P. et al., Clinical
correlates of
18F-Fluorodopa
uptake in five
grafted parkinsonian
patients. Ann.
Neurol., 38:
580-588, 1995).
Image
5: greffe neuronale
dans la maladie de
Huntington.

Image de fusion
TEP/IRM obtenue chez
un patient atteint
de maladie de
Huntington et ayant
reçu un an
auparavant une
greffe neuronale
dans un striatum (flèche
jaune). La maladie
de Huntington est
une maladie neurodégénérative,
d'origine génétique,
causée par la
mutation d'un gène
codant pour une protéine
huntingtine de
fonction encore
inconnue. Sur le
plan
neuropathologique,
cette maladie se
caractérise par une
dégénérescence
progressive du
striatum - une région
impliquée de façon
très importante
dans le contrôle de
fonctions motrices
et cognitives. Sur
le plan clinique,
l'atteinte striatale
se traduit chez les
malades par
l'apparition de
mouvements anormaux
involontaires et des
troubles majeurs de
l'organisation et de
la planification. En
remplaçant les
neurones ayant
disparu par d'autres
neurones non
porteurs de la
mutation, la greffe
neuronale tente de
reconstruire une
"circuiterie"
neuronale normale du
cerveau malade (Peschanski
M., Césaro P.,
Hantraye P.
Rationale for
intrastriatal
grafting of striatal
neuroblasts in
patients with
Huntington's disease,
Neuroscience 68:
273-285, 1995). Si
les essais chez
l'animal se sont révélés
très encourageants
(Palfi et al. Fetal
striatal allografts
reverse cognitive
deficits in a
primate model of
Huntington's disease,
Nature Medicine 4,
963-966, 1998),
l'application
clinique chez les
malades, menée à
l'hôpital Henri
Mondor et dans
l'unité INSERM U421
de Créteil
(http://www.im3.inserm),
débute à peine.
Image
6:

A gauche: coupe de
tissu de mésencéphale
humain chez un sujet témoin
(gauche) ou atteint de
maladie de Parkinson
(droite). Chez le
sujet témoin, on
observe une zone noire
appelée substance
noire qui contient des
cellules
dopaminergiques riches
en neuromélanine
(pigment noir). Chez
le sujet parkinsonien
chez lequel ces
cellules dégénèrent,
on ne voit plus ces
cellules à neuromélanine.
A droite: sur les mêmes
coupes, on a réalisé
un marquage des
neurones
dopaminergiques avec
de la neurotensine
radioactive, un
neuropeptide dont les
récepteurs sont situés
sur les cellules
dopaminergiques. On
observe un marquage
important chez le
sujet témoin et une
disparition presque
complète chez le
parkinsonien,
indiquant la perte des
neurones
dopaminergiques (Rostène
W., Quirion R.,
Beaudet A. et Mazière
B. Images des récepteurs
des messagers
chimiques et des médicaments
dans le cerveau. Médecine
Sciences, 1: 419-424,
1985).
Image
7: marquage
radioautoradiographique
de l'apamine tritiée
sur le cerveau de
rat.

Marquage
radioautoradiographique
de l'apamine tritiée
sur le cerveau de
rat.
L'apamine (extrait
du venin d'abeille)
se fixe
principalement sur
le cortex cérébral
et les régions
sous-corticales
ainsi que le
cervelet. En se
fixant, l'apamine
bloque des canaux
ioniques potassium-dépendants
impliqués dans la
transmission
nerveuse rendant
compte de certains
symptômes liés à
une piqûre
d'abeille
(picotements, gêne
respiratoire).