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  Témoignages

 

 Témoignage d'une stimulation

Témoignage 30 mars 2003

J’ai participé en direct à la neurostimulation de ma sœur.

Je tenais à vous faire part de l’expérience que j’ai eu l’occasion de vivre. Ma sœur Y. âgée de 64 ans et 14 ans de MP a bénéficié de la neurostimulation en août 2002. Comme nous n’avions pas beaucoup d’informations sur cette opération, je me suis mise en quête de renseignements afin d’informer Y.

Lors de sa dernière visite chez le neurologue, nous apprenions qu’une personne pouvait accompagner en salle d’opération et bien sur, pour elle j’étais la candidate idéale. Mon rôle était de la distraire pendant ces longues heures.

Alors voici notre récit :     

Le 26 août 2002

j’ai rejoint Y. à l’hôpital vers 16h. Elle était calme (malgré que les
médicaments aient été stoppés depuis le matin).

·    19h00 elle à dû subir des tests (marcher, tourner sur elle-même etc…) – pénible !!!
  
 Elle fût épuisée.
·   20h00  moment cruciale pour une femme … perdre en quelques minutes sa magnifique
  
chevelure rousse fût pour elle un instant de douleur interne, mais j’étais prêt d’elle
   et c’est ça qui comptait. Nous avons encore parlé jusque vers 22h

En regagnant ma chambre (dans un étage réservé à l’accueil famille) je me posais déjà les questions à savoir comment pouvoir la réconforter le lendemain. Je ne vous cacherais pas que mon sommeil fût d’à peine 3 h00 et à 4h30 j’étais déjà sur le pied de guerre. Nous avions rendez-vous à 6h30.

27 août 2002

· 
7h30  départ pour la salle d’opération.
·   8h30  4 injections pour endormir localement la tête et ensuite pose du cadre
·  9h00  IRM
·  10h00  Calcul en salle d’opération sur base de l’IRM pour trouver l’endroit exact des
    perforations.
·  11h00  début de l’intervention
· 
14h30  enfin la 1ère implantation d’électrode a réussit. Il a fallu près de 2h 30 pour  
   trouver le premier emplacement car Y. n’a pas de tremblements mais seulement des
   blocages.

·  16h00  deuxième électrode implanté 
·  17h00  retour sur la chambre
Toute cette intervention s’est déroulée sous anesthésie locale, aucune douleur n’a été ressentie (dixit Y). J’ai beaucoup parlée avec elle ce jour là  et mon attention était particulièrement attirée sur ses réactions et surtout sur sa parole, qui n’a, à aucun moment, changée. L’équipe chirurgicale a été d’une extrême gentillesse et m’a fourni beaucoup d’explications. Y. a été exceptionnelle et reçue de la part de l’équipe une ovation à la fin de l’intervention.

28 août 2002

Y. a marché pour la première fois aujourd’hui. Les stimulateurs ne sont pas  encore implantés, et c’est dans un « sac banane » qu’elle les maintient. Tout est correct, la marche est parfaite et elle n’a plus de blocages.
Le neurologue avait proposé d’essayer de ne pas prendre de médicaments ce qui lui permettrait de faire un meilleur réglages des stimulateurs. A notre grande surprise, après quelques jours, non seulement Y. marchait correctement mais elle ne prenait aucun médicament.

3 septembre2002

Deuxième étape : l’implantation des stimulateurs.

J’étais à nouveau auprès d’elle à 7h00 du matin. Elle est partie en salle d’opération vers 10h00. Cette fois c’était sous anesthésie totale, et pour moi pas question d’accompagner. L’attente fût longue !! Vers 12h00 j’ai vu le neurochirurgien qui me confirmait que tout c’était bien passé et qu’elle était en salle de réveil. 

15h00  retour d’Y. sur la chambre.

Les jours qui ont suivi ont été consacrés aux réglages définitifs des stimulateurs et le 6 septembre c’était déjà le grand retour à la maison.

30 mars 2003

Cela fait maintenant  7 mois que l’intervention de Y. a eue lieu et son état et toujours satisfaisant. Aucun regret, et si c’était à refaire elle serait à nouveau partante.

QUELQUES CONSEILS

- Avant l’intervention il faut faire le vide autour de soi, de manière à être sereine et en entière harmonie avec son corps et son esprit.

- Le soutien de la famille et des amis est un plus dans la réussite de l’intervention.

- Avoir une confiance totale envers le neurologue et le neurochirurgien. C’est l’équipe chirurgicale qui fera l’intervention, mais sans votre aide elle ne peut rien faire.

- Savoir que la neurostimulation ne guérit pas la MP, mais apporte une amélioration de son état et une diminution de la prise de médicaments, voire suppression totale.

- Qu’il  existe certains risques, problèmes de la parole, difficultés de réglages des stimulateurs, ou tension des câbles.

- Enfin si vous avez pris conscience de ce qui précède , dites vous bien que ça ne peut de toute façon pas être pire qu’avant et que si vous avez été retenu comme candidat à la neurostimulation c’est que le neurologue estime qu’il va pouvoir améliorer votre état.  

Si vous avez d’autres questions ou que vous souhaitez en parler, c’est avec plaisir que je répondrais à vos questions. Vous pouvez me laisser un message sur le forum de ce site .

Amicalement, ANNE MARIE

 Témoignage : aider celle qui aide

AIDER CELLES QUI AIDENT

Je vais faire ce soir une entorse à la grammaire française, je le sais. Quand coexistent le masculin et le féminin, la règle exige que le masculin l'emporte. Pourtant, je choisis le féminin. Parce que la proportion de femmes parmi les aidants naturels auprès de nos grands malades est telle que ce serait leur faire injure que de taire qu'il s'agit là d'une situation qui sollicite le meilleur d'une femme. Car dans 77% des cas, l'aidant naturel est une femme.

Ce sont des personnes dont la vie a été bouleversée par la maladie grave d'un être aimé. Le destin leur réservait plus d'un mauvais sort: au-delà de la peine que cause cette situation qui s'abat sur un couple ou sur une famille, la vie de chacun s'en trouve chamboulée. La détérioration sans appel de l'état de santé de l'un oblige l'autre à chambarder travail, loisirs, vie sociale, parfois jusqu'à modifier les heures de sommeil pour offrir son soutien moral et physique à celui ou celle que le malheur ou l'épuisement dû à la vieillesse vient de frapper. En juin dernier, le Journal de l'Association médicale canadienne publiait une étude révélant qu'elles s'épuisent elles-mêmes tout autant, et que ces aidants naturels sont parfois plus déprimés que les malades eux-mêmes.

Le travail qu'ils accomplissent permet au gouvernement d'économiser des sommes colossales: quatre milliards par année, semble-t-il. Ce sont 60 000 postes que le gouvernement devrait ouvrir si tous ces corps fatigués cessaient du jour au lendemain d'écouter leurs coeurs compatissants. Une contribution immense qui n'est ni rémunérée, ni reconnue. À peine voit-on apparaître une préoccupation timide, depuis qu'il a été démontré que l'attitude ancestrale de laisser les proches s'épuiser avant d'offrir l'hospice qui brisera le coeur du soigné comme du soignant n'est même plus justifiable économiquement. Un grand malade en perte d'autonomie presque complète coûtera 140 000 dollars par année, si on devait soutenir par un personnel compétent celle qui se dévoue auprès de lui. Mais le retirer d'avec les siens pour l'aliter ailleurs en institution coûte 170 000 dollars à l'État. Les gouvernements qui s'arrachent le moindre dollar devraient comprendre qu'il vaut mieux aider celles qui aident que faire souffrir ceux qui souffrent.

Dans les millions rapportés d'Ottawa pour les soins à domicile, le ministre Philippe Couillard devrait trouver un début de réponse à la croisade de Chloé Ste-Marie. Paul Martin, lui, a promis un milliard en 5 ans et a même nommé un ministre d'Etat à la Santé et aux Aidants naturels. Chloé Ste-Marie a eu la générosité et l'intelligence d'élargir son combat pour toutes celles qui vivent ce qu'elle vit. Les yeux de Gilles Carle disent comment il est fier de sa femme.


Entrevue de Claude Charron
 
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