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Nouvel
espoir pour les gens atteints de
Parkinson

Le neurochirurgien Léo
Cantin se réjouit
des résultats. Treize patients ont vu
leur
vie changer depuis un an et demi.
Le Soleil, Martin Martel
Nouvel espoir pour les gens atteints de
la maladie de Parkinson dans la région: depuis peu, une
toute nouvelle chirurgie est disponible à Québec, qui
donne des résultats spectaculaires.
Avant l’opération, Wellee Bilodeau avait
de la difficulté à se déplacer. Tourner sur lui-même était
un défi. Ses tremblements le restreignaient constamment
dans ses mouvements. Un an après avoir subi une stimulation
cérébrale profonde, chirurgie dorénavant pratiquée à
l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec, il peut
maintenant faire du vélo et même courir avec son chien.
«Du côté des résultats, on peut se péter les
bretelles!», se réjouit le neurochirurgien Léo Cantin,
qui pratique l’opération avec son collègue Michel
Prud’homme. Depuis un an et demi, 13 patients atteints
sévèrement de Parkinson ont vu leur vie changer grâce à
cette opération complexe.
Des électrodes dans le cerveau
La maladie de Parkinson est causée par la mort progressive
de neurones du cerveau qui produisent de la dopamine, une
substance chimique qui contrôle les mouvements. Les gens
atteints souffrent de tremblements, de perte d’équilibre
et ont de la difficulté à effectuer des gestes simples.
Jusqu’à maintenant, les symptômes étaient surtout
traités par médicaments, qui engendrent avec le temps de
sérieux effets secondaires. Grâce à cette nouvelle
chirurgie, le principal symptôme du Parkinson — le
tremblement — peut être éliminé, ou presque.
L’opération consiste à introduire une électrode dans
chacun des hémisphères du cerveau, qui est reliée à un
neurostimulateur implanté sous la peau, au-dessous de la
clavicule. Ce pacemaker déclenche de petits chocs
électriques qui permettent aux électrodes de stimuler une
zone bien précise du cerveau.
La chirurgie prend une journée complète. Le patient, sous
anesthésie locale, doit être conscient pendant
l’opération puisque les chirurgiens ont besoin de sa
collaboration. La première étape consiste d’abord, à
l’aide d’un appareil d’imagerie fixé sur la tête du
patient, à repérer l’endroit exact où doivent être
installées les électrodes. Les coordonnées retransmises
doivent être d’une précision absolue. Une fois les
électrodes implantées, il reste à insérer le
neurostimulateur dans le haut de la poitrine et à en
ajuster les paramètres.
Des ajustements doivent d’ailleurs être faits
régulièrement après l’opération, puisque chaque
personne réagit différemment à la stimulation.
Peu de complications
Malgré le niveau de complexité d’une telle chirurgie, le
taux de complication est évalué à moins de 4 %. À
Québec, les chirurgies réalisées se sont toutes très
bien déroulées pour l’instant. L’installation du
neurostimulateur a été un peu plus compliquée dans un
cas, mais il ne s’agit de rien d’alarmant, indique le Dr
Cantin. «Il n’y a pas juste le 6/49 qui peut changer une
vie», lance-t-il. Mais ce ne sont pas tous les gens
atteints de Parkinson qui sont aptes à subir une telle
opération, prévient le Dr Cantin.
À Québec, les deux chirurgiens travaillent de pair avec la
neurologue Mélanie Langlois et une équipe de
physiothérapeutes, d’ergothérapeutes, de
neuropsychologues, de psychiatres et de neurophysiologistes.
Il a fallu deux ans pour mettre en place cette équipe
multidisciplinaire qui permet de réaliser une telle
chirurgie. L’équipe espère réaliser éventuellement
entre 20 et 30 interventions par année. L’opération est
entièrement payée par la Régie de l’assurance maladie
du Québec.
Pour Nicole Panier, qui s’est fait opérer en janvier
2006, le risque en valait le coup. Elle a pu se débarrasser
de sa marchette et tombe beaucoup moins souvent qu’avant.
«Comme dit mon mari, c’est un petit miracle de la
science!»
L’hôpital de l’Enfant-Jésus est le deuxième centre de
la province qui pratique cette chirurgie, après l’Institut
neurologique de Montréal. Au Québec, 25 000 personnes
souffrent de la maladie de Parkinson, un nombre qui
augmentera au cours des prochaines années avec le
vieillissement de la population.
Daphnée Dion-Viens
Le dimanche 13 avril 2008
Le Soleil-Québec
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