La stimulation cérébrale profonde
est utilisée depuis une dizaine d'années
dans le traitement de la maladie de
Parkinson. Jusqu'à présent, ses mécanismes
d'actions étaient mal connus. Des
chercheurs du CNRS (1) ont levé une
partie du voile.
Aujourd'hui, la maladie de Parkinson
peut être soignée par
neurochirurgie : le traitement
consiste à stimuler électriquement
une structure cérébrale profonde
appelée noyau sous-thalamique, ce qui
entraîne une diminution spectaculaire
des troubles moteurs. Une électrode
est implantée dans le cerveau du
patient et reliée à un dispositif de
style « pacemaker »
installé au niveau du thorax
(ci-contre). C'est au laboratoire
Physiologie et physiopathologie de la
signalisation cellulaire
(CNRS/Université Bordeaux 1 et 2) que
les effets thérapeutiques de cette
stimulation électrique profonde ont
été mis en évidence pour la première
fois, en 1993, chez le primate.
Depuis, les mécanismes associés sont
demeurés controversés. Les neurones
sous-thalamiques sont-ils inhibés ou
activés par la stimulation ?
Les
chercheurs de ce même laboratoire ont
enregistré l'activité des neurones
du noyau sub-thalamique sur un
primate, pendant la stimulation. Ils
ont notamment analysé la fenêtre de
temps comprise entre deux stimuli
(soit une période d'environ sept
milli secondes). Dans le cerveau, le
noyau sous-thalamique est entouré
d'autres structures, dites afférentes
(en amont), ou cible (en aval), le
signal électrique voyageant d'amont
en aval. Les résultats de ce travail
montrent que la stimulation cérébrale
du noyau sous-thalamique inhibe les
structures afférentes et non les
neurones du noyau sous-thalamique
lui-même. Plus précisément, la
stimulation agirait principalement sur
les axones (2) des structures afférentes,
qui innervent massivement le noyau
sous-thalamique.
D'autre
part, l'une des caractéristiques de
la maladie de Parkinson est la
synchronisation des neurones du noyau
sous-thalamique. Cette synchronisation
est à l'origine d'une partie des
symptômes moteurs. Dans cette étude,
les chercheurs ont montré que la
stimulation cérébrale profonde les désynchronisait,
leur permettant de fonctionner de
nouveau de manière indépendante, ce
qui constitue un retour vers la
normale.
La
connaissance de ces deux phénomènes
devrait permettre de mieux comprendre
les mécanismes de la stimulation cérébrale
profonde et, à moyen terme, de
concevoir des méthodes thérapeutiques
encore plus efficace.
Notes :
laboratoire
Physiologie et physiopathologie de la
signalisation cellulaire
(CNRS/Université Bordeaux 1 et 2)
les neurones sont composés d'un arbre
dendritique, qui reçoit le signal électrique,
d'un corps cellulaire (contenant le
noyau et le cytoplasme) et d'un axone,
qui propage le signal électrique.
Références
:
Subthalamic high
frequency stimulation resets
subthalamic firing and reduces
abnormal oscillations, Wassilios
Meissner et al., Brain (publié en
ligne le 25 août 2005).