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La chasse aux lymphocytes tueurs

Et si le système immunitaire était impliqué dans le développement de la maladie de Parkinson

C’est ce que suggèrent deux chercheurs français du CNRS. Si l’on en croit leurs travaux, qui paraissent prometteurs, le fait <<d’empêcher les cellules immunitaires de pénétrer le cerveau pourrait (même) ralentir l‘évolution de cette maladie>>.

Leur découverte porte sur le rôle des lymphocytes CD4, des globules blancs essentiels au bon fonctionnement du système immunitaire. Ils sont notamment, connus pour être une cible privilégiée du VIH.

<<De manière tout à fait surprenante, nous avons observé à l’autopsie, que les lymphocytes T étaient présents en grand nombre dans le cerveau des malades>>, expliquent Stéphane Hunot et Etienne Hirsch. << Ces cellules qui sont normalement exclues du cerveau, pourraient contribuer à l’inflammation cérébrale au cours de la maladie de Parkinson >>. En d’autres termes, ces lymphocytes CD 4 sont non seulement capables de s’infiltrer dans le cerveau des malades, mais aussi de tuer les neurones.

Source : CNRS, 19 janvier 2009

Des cellules tueuses du système immunitaire à l’origine de la maladie de Parkinson

De nouvelles lumières viennent d’être apportées sur la maladie de Parkinson, affection neurologique invalidante, à l’origine de tremblements des membres au repos, d’une rigidité et d’une difficulté à déclencher des mouvements. Publiés dans la revue scientifique « Journal of Clinical Investigation », des travaux réalisés conjointement par le CNRS, l’Inserm (1) et l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) ont mis en avant la responsabilité de certaines cellules du système immunitaire dans l’activité de la maladie.

Constatant que les personnes prenant quotidiennement des anti-inflammatoires présentaient un risque diminué de développer la maladie de Parkinson, les chercheurs se sont interrogés sur les raisons de ce rapport de cause à effet. Ils ont ainsi découvert qu’une certaine population de globules blancs, appelés les « lymphocytes T auxiliaires (ou CD4 +) », dont le rôle premier est de combattre toute forme d’agression extérieure, pénètrent anormalement dans le cerveau et détruisent une certaine catégorie de neurones. Or, ces neurones spécifiques sont chargés de produire l’une des multiples substances chimiques utilisées comme neurotransmetteurs, connue sous le nom de dopamine.

Confirmant cette théorie, des autopsies effectuées sur des patients atteints de la maladie de Parkinson ont révélé d’importantes concentrations de Lymphocytes T dans le cerveau. Appuyant ces résultats, d’autres séries de tests complémentaires ont mis en évidence le rôle actif joué par ces cellules dans la dégénérescence neuronale.

Selon les experts scientifiques à l’origine de ces travaux, ces avancées apportent un jour nouveau sur les mécanismes sous-jacents de ce mal encore méconnu qu’est la maladie de Parkinson. Elles devraient permettre « d’affiner le développement de médicaments anti-inflammatoires plus ciblés vers les cellules qui pénètrent dans le cerveau ». Cette optimisation des stratégies thérapeutiques présentera l’avantage capital de limiter les effets secondaires liés à la prise chronique d’anti-inflammatoires, tout particulièrement chez les personnes âgées. A l’heure actuelle, on estime que 1 % de la population âgée de plus de 65 ans est atteint de la maladie de Parkinson.

Cécile Cassier  le 20-01-2009

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