10.08.2008
Des chercheurs américains ont réussi
à corriger une altération du
fonctionnement du foie liée au
vieillissement, en rétablissant une
meilleure capacité à éliminer des
protéines usagées.
Les travaux mis en ligne dimanche par la
revue Nature Medicine montrent que le
foie des vieux animaux, modifié
génétiquement, peut fonctionner aussi
bien que celui de sujets beaucoup plus
jeunes, grâce à la restauration de la
capacité de l'organe à éliminer les
déchets de protéines, dont
l'accumulation peut devenir toxique.
Cong Zhang et Ana Maria Cuervo, de
l'Albert Einstein College of Medicine à
New York, ont vérifié si cette bonne
élimination des protéines se
traduisait par un meilleur
fonctionnement du foie dans son
ensemble.
Vieillir en bonne santé
Comme l'une des fonctions clé de cet organe est le métabolisme
des substances chimiques, le Dr Cuervo a, pour répondre
à la question, injecté un relaxant musculaire aux
vieilles souris transgéniques. Ces dernières ont métabolisé
bien plus rapidement le produit que les vieilles souris
normales.
Pour le Dr Cuervo, l'étude montre bien que
l'accumulation de protéines joue un rôle dans le
vieillissement des organes et qu'"il est possible
de corriger" ce défaut d'élimination et
"peut-être de nous aider à jouir d'une vieillesse
en bonne santé".
Alzheimer et Parkinson
La chercheuse va à présent tester ce procédé sur des
animaux atteints de l'équivalent des maladies d'Alzheimer
et de Parkinson et autres maladies neuro-dégénératives
pour voir si le maintien d'une bonne élimination des
protéines anormales dans le cerveau est susceptible
d'aider au traitement et à repousser l'apparition des
symptômes.
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Serge Picaud fait partie de la poignée de chercheurs
dont les projets ont été retenus par la Fondation pour
la recherche médicale dans le cadre de son appel
d'offres consacré aux interfaces cerveau machine. Une
discipline en pleine effervescence portée par deux
dynamiques favorables : des progrès immenses dans la
compréhension des fonctions cognitives et l'arrivée de
capteurs miniaturisés. « Ces recherches connaissent
un développement spectaculaire dans de nombreux pays et
la France est en retard. C'est pour cela que nous nous
sommes mobilisés », explique le neurobiologiste
François Clarac, coordinateur du programme. La
Fondation a injecté 1 million d'euros dans 8 projets
dont certains sont proprement révolutionnaires.
La complexité et la densité du réseau neuronal du
cerveau demeurent des obstacles qui paraissent
insurmontables. « Un mm3 de cerveau contient environ
10.000 cellules nerveuses et chaque neurone est lui-même
au centre d'un réseau de 10.000 connexions. Comme
chaque neurone émet environ 1.000 signaux par seconde,
on se trouve face à un ensemble d'une extraordinaire
complexité », indique Yves Agid, directeur
scientifique du futur Institut du cerveau et de la
moelle épinière (ICM) en construction sur le site de
l'Hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris. Cette
complexité peut être contournée en travaillant sur
des groupes de quelques centaines de neurones. « La
connaissance du squelette du message peut être
suffisante », rappelle Yves Agid. Les chercheurs
espèrent reconstituer la totalité du message en ne décryptant
que quelques mots.
Embrasement du cerveau
Ce jeu de piste neurobiologique intéresse le
physicien Olivier David qui se déclare « très intéressé
par l'interface entre la physique et le vivant ».
Issu de l'école grenobloise des neurosciences, ce
chercheur se passionne pour une discipline qui a le vent
en poupe : la stimulation intracérébrale qui a fait
ses preuves dans la maladie de Parkinson. En stimulant
électriquement une zone spécifique du cerveau par le
biais de 2 électrodes, il est possible de remettre des
neurones dans le droit chemin. Dans le cas de la maladie
de Parkinson, les résultats sont spectaculaires. Un
signal électrique calibré précisément stoppe
instantanément les tremblements du corps. Il était
tentant de s'inspirer de cette méthode largement éprouvée
dans le monde entier pour soigner d'autres troubles
psychiatriques. Olivier David a retenu l'épilepsie. Un
autre fléau, des temps modernes qui touche environ
250.000 enfants dans l'Hexagone.
Les crises d'épilepsie sont la conséquence d'un désordre
électrique du cerveau : des décharges excessives et
soudaines produites par les neurones dans certaines
zones voire dans la totalité de l'encéphale. Cet «
embrasement » se traduit par des crises paroxystiques
bien connues du grand public. Mais la maladie connaît
de nombreuses autres formes moins visibles. « Le
problème avec le cerveau c'est qu'il est difficile de
dissocier le sain du pathologique », indique
Olivier David. Les travaux menés à l'Institut des
neurosciences de Grenoble consistent à développer un
appareil capable de détecter l'imminence d'une crise et
d'envoyer un signal destiné à contrer le phénomène. «
D'ici à 5 ans nous aurons fait la preuve de concept
d'un neuromodulateur destiné aux malades qui ne répondent
pas aux médicaments disponibles contre l'épilepsie »,
indique le chercheur grenoblois. Cette même technique
pourrait être utilisée pour soigner d'autres maladies
mentales très invalidantes : certaines dépressions ou
les troubles obsessionnels compulsifs.
« Comment le cerveau contrôle la main, cet
instrument essentiel pour l'homme ? » Marc Maier
n'a pas choisi la simplicité. Il tente de mettre au
point un doigt humanoïde contrôlé par des signaux
corticaux. Il s'agit là de l'un des challenges les plus
difficiles de la technomédecine. Les Américains ont
investi des montants considérables dans ce secteur. La
Darpa, l'agence fédérale spécialisée dans la
recherche militaire, pilote un programme de près de 100
millions de dollars visant le développement de membres
artificiels « intelligents ». Dans son laboratoire de
l'université Duke en Caroline du Nord, Miguel Nicolelis
a réussi a faire piloter un bras robotisé par la pensée
d'un singe et des expérimentations similaires ont eu
lieu sur des humains. Au Japon, une équipe de
chercheurs de chez Honda a obtenu des résultats
identiques avec 2 doigts.
Ces expériences ont confirmé l'extraordinaire
plasticité du cerveau. Au bout d'un certain temps, les
neurones se réorganisent pour intégrer et s'approprier
la prothèse comme si c'était un vrai membre. «
L'usage répété du dispositif conduit à une réorganisation
fonctionnelle du cerveau et les singes utilisent le bras
robotisé comme s'il leur appartenait », indiquait
récemment Miguel Nicolelis. A l'ICM parisien, Yves Agid
espère attirer quelques gros calibres de la recherche
pour atteindre le niveau mondial dans ce domaine très
prometteur de la neurorobotique. L'institut devrait
disposer d'un budget de 67 millions d'euros et regrouper
600 chercheurs en 2010.
ALAIN PEREZ le 29/09/08
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