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 Injections de protéine


Nouvelle piste de traitement de la maladie de Parkinson
 
Cinq personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont vu leur état s'améliorer après avoir reçu, directement dans le cerveau, des injections d'une protéine stimulant la production d'un neurotransmetteur, la dopamine, dont la raréfaction est responsable de la survenue de maladie.
Les résultats de ces travaux, menés sous la direction du Pr Steven Gill du Frenchay Hospital, à Bristol (Grande-Bretagne), sont détaillés dans le numéro d'avril de la revue Nature Medicine.
Après avoir repéré, par résonance magnétique, les zones cérébrales présentant une faible teneur en dopamine, les neurochirurgiens y ont implanté un cathéter relié à une pompe implantée dans l'abdomen qui a délivré la protéine chargée de relancer la production de dopamine.
Après un an d'infusions de cette protéine - le GDNF (glial-derived neurotrophic factor) - l'état des patients et leur qualité de vie se sont notablement améliorés, avec notamment une nette diminution des mouvements incontrôlés. Les examens ont en outre montré une augmentation de près de 30 % de la quantité de dopamine présente.
Les auteurs de ce travail soulignent que le mode d'action de la protéine GDNF reste à élucider, ils reconnaissent ne pas savoir si elle se diffuse au delà de l'extrémité du cathéter et admettent que leur méthode présente des risques, notamment d'infection au moment de l'implantation de la pompe.
"Clairement, il s'agit d'un premier pas" et le développement de thérapies géniques permettant de déposer le GNDF exactement là où il fait défaut pourrait constituer une solution d'avenir, ajoutent-ils cependant.
Caractérisée par un tremblement, une raideur et une lenteur des mouvements, la maladie de Parkinson - du nom du médecin qui l'a décrite pour la première fois au XIXème siècle - est une des maladies neurologiques les plus fréquentes.
Elle touche environ 1 % de la population de plus de 50 ans. Sa fréquence augmente avec l'âge mais les experts soulignent que 10 % des malades ont moins de 40 ans et que 20 % sont touchés entre 40 et 50 ans.
En France, elle affecte plus de 100.000 personnes, et 1.000 nouveaux cas apparaissent chaque année.
Le L-dopa, médicament de référence destiné à compenser le déficit en dopamine dont souffrent les malades, existe depuis 1967. Mais au fil des ans, son efficacité diminue, donnant libre cours à la progression de la maladie qui s'accompagne souvent d'une altération des facultés intellectuelles.

 Perfusion cérébrale des parkinsoniens

Un facteur de croissance, directement perfusé à l’intérieur du cerveau de quelques patients souffrant de la maladie de Parkinson, a donné des résultats remarquables avec une nette amélioration des tremblements et de la maîtrise des mouvements. Un nouveau traitement de cette maladie dégénérative ?
Augmenter les réserves de dopamine

La maladie de Parkinson est due à une dégénérescence des neurones qui fabriquent un neurotransmetteur, la dopamine, essentielle au contrôle des mouvements du corps. Le manque de dopamine entraîne des tremblements et des difficultés à maîtriser les gestes. Actuellement, le traitement repose sur la prise de L-dopa, un précurseur de la dopamine. Malheureusement, au fur et à mesure de la progression de la maladie, les patients deviennent de moins en moins sensibles à cette substance. On peut alors recourir à d’autres procédés, comme la stimulation cérébrale (implantation d’électrodes visant la stimulation des neurones dopaminergiques) ou la transplantation de cellules fœtales dopaminergiques. Mais aucune de ces techniques ne permet de stopper la maladie, c’est-à-dire d’empêcher la perte des neurones à dopamine.

Le GDNF
Les chercheurs se sont alors intéressés à un facteur de croissance, le GDNF (pour Glial-cell-line-Derived Neurotrophic Factor) qui, chez l’animal, protège efficacement les neurones dopaminergiques de la dégénérescence et améliore la fonction motrice. Comme cette protéine n’est pas capable de passer du sang au cerveau, l’idée est naturellement venue de l’injecter directement dans le cerveau de quelques patients. Pour cela, il suffit d’insérer un cathéter relié à une pompe dans la région précise du cerveau carencée en dopamine (le putamen), la pompe étant placée sous la peau de l’abdomen. Réalisée chez 5 patients devenus non répondants à la L-dopa, cette intervention a permis de leur délivrer chaque jour 40 microgrammes de GDNF pendant un an.

Le GDNF

L’état des malades s’est considérablement amélioré, tandis que les effets secondaires indésirables étaient très limités. Des bénéfices ont été enregistrés dès les trois premiers mois de perfusion. Six mois plus tard, les périodes d’immobilité complète ont disparu. A un an, la fonction motrice s’est améliorée de 40% et les activités de la vie quotidienne de 60%. Par ailleurs, trois patients ont retrouvé l’odorat.
Pour l’instant, le mécanisme d’action du GDNF reste incertain. Il pourrait soit empêcher la perte de neurones, soit stimuler le développement des neurones existants. La reconduction de cette étude est prévue prochainement sur un plus grand nombre de patients. Mais, si le succès de cette technique confirme les espérances, son emploi à grande échelle devra passer par le développement d’autres modes d’administration du GDNF, moins contraignants. En attendant, cette approche par les facteurs de croissance pourrait également ouvrir des voies de recherche dans le cas d’autres maladies dégénératives, comme Alzheimer.

16/04/2003
Dr Isabelle Eustache
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